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Plastic Omnium investit dans l’hydrogène

Leader mondial du réservoir à carburant, Plastic Omnium compte développer demain des réservoirs à hydrogène.

Leader mondial du réservoir à carburant, Plastic Omnium compte développer demain des réservoirs à hydrogène. - Plastic Omnium

Leader mondial des réservoirs à carburant, l’équipementier français prépare cependant l’après-pétrole. Son PDG, Laurent Burelle, a révélé ce mercredi 27 juillet sur BFMBusiness que ses chercheurs travaillent sur les réservoirs à hydrogène.

De l’essence à l’hydrogène, telle est la stratégie du spécialiste du réservoir à carburant Plastic Omnium (PO), pour préparer l’après-pétrole. Invité ce mercredi 27 juillet de Good Morning Business, le PDG de ce groupe familial, Laurent Burelle, a annoncé que son entreprise investissait dans cette nouvelle forme d’énergie pour l’automobile.

"Comme leader mondial des réservoirs à essence, j’ai intérêt à m’intéresser aux énergies qu’il y a ensuite, pas l’hybride, mais le coup d’après, l’hydrogène, a expliqué en exclusivité à Stéphane Soumier Laurent Burelle. C’est notre vérité à 10 ans, nous avons signé une joint-venture avec une start-up en Israël, nous sommes une centaine de personnes dans ce domaine: on travaille".

Ce travail consisterait donc à développer un réservoir à hydrogène. Un tel réservoir est un contenant particulier, car il embarque un liquide sous haute pression (en général 700 bars), qui doit résister aux flammes, et dispose donc d’une structure très épaisse, en plusieurs couches. Il pèse ainsi plus lourd qu’un réservoir à carburant classique. "Plastic Omnium est un fournisseur de packaging d’énergie, nous devons être présent, quelle que soit cette énergie: batterie, hydrogène, éthanol, gaz…", a poursuivi Laurent Burelle, en marge de la conférence semestrielle des résultats de Plastic Omnium.

Les premiers modèles arrivent sur le marché

Actuellement, seuls deux constructeurs proposent des voitures à hydrogène: Hyundai avec son SUV ix35 (2014) et Toyota avec la berline Mirai (2016), deux véhicules à très très faible volume de ventes. Leur prix de vente est très élevée et surtout, le réseau de station à hydrogène n’existe dans aucun pays en Europe. Un plan de développement européen doit mettre en place des corridors de station, notamment en Allemagne d'ici 2020. A Paris, une station pour taxi à ouvert cette année près du pont de l’Alma.

"En 2016, 88 millions de voitures seront vendues dans le monde, en 2021, ce sera 100 millions. Les 12 millions de voitures supplémentaires ne seront pas des voitures électriques à batterie. Les hybrides vont fortement se développer. C’est en 2025 que se pose le problème, c’est là qu’arrive l’hydrogène, quand il n’y a plus d’essence", détaille Laurent Burelle.

Plus d'autonomie, moins de poids

L’hydrogène offre en effet davantage d’autonomie aux conducteurs, tout en garantissant le "zéro émission". Le temps de remplissage d’un réservoir ne prend que quelques minutes, en station, comme pour une voiture classique. Surtout, le système à hydrogène (machine électrique, convertisseur, gestion de la puissance, réservoir) pèse moins lourd que des batteries classiques. Plastic Omnium devrait en dire plus sur cette nouvelle activité au Mondial de l’automobile de Paris le 29 septembre. L’équipementier y participe pour la première fois cette année.

P. Ducamp