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Périphérique: les approximations statistiques de la mairie de Paris

De panneaux annonçant la prochaine limitation de la vitesse autorisée à 70 km/h, le 4 janvier 2014.

De panneaux annonçant la prochaine limitation de la vitesse autorisée à 70 km/h, le 4 janvier 2014. - Bertrand Guay - AFP

L'abaissement de la vitesse sur le périphérique parisien n'aurait selon la mairie de Paris que des avantages : réduction des accidents et des nuisances, et même une augmentation de la vitesse moyenne sur cet axe très fréquenté. Mais ces bons résultats dépendent aussi fortement de la méthode utilisée par l'étude présentée par la Ville. 

Réduire la vitesse sur le périphérique parisien pour aller plus vite et polluer moins. La Ville et la préfecture de Paris semblent avoir gagné leur pari. D'après la municipalité, l'abaissement de la vitesse maximale sur le périphérique à 70 km/h, contre 80km/h auparavant, "démontre des retombées positives". Mais ces bons résultats sont aussi le fruit d'une étude à nuancer. 

Pour vanter l'abaissement de la vitesse autorisée, les autorités se fondent sur une étude statistique menée par la société d'infotrafic Inrix, menée entre le 10 janvier 2013 et le 10 juin 2014. L'idée est de comparer les six premiers mois de ces deux années références.

Moins d'accidents et de nuisances pour une vitesse moyenne en hausse

Et le résultat est très favorable aux plans de la mairie de Paris : une diminution des accidents (-15,5 % par rapport à 2013) et de la pollution sonore (- 0,5 décibel la nuit et -1,2 décibel le jour) sont ainsi mis en avant. Une augmentation de la vitesse moyenne serait même constatée, passant de: "32,6 km/h en 2013 à 38,4 km/h en 2014, soit une progression de 18%.

Sauf que la mairie de Paris a une lecture particulière des statistiques. Les variables utilisées sont justes, mais on peut s'étonner de l'oubli d'autres facteurs pouvant nuancer ces éléments positifs.

Les ponts et un hiver très doux passés sous silence

Le hic de l'étude ? Les deux années comparées sont très différentes. Il suffit de prendre en compte deux paramètres pour s'en rendre compte : le premier est le nombre de jours fériés de ces deux années. En 2014, année du progrès annoncé, trois fériés tombaient un jeudi. En posant leur vendredi pour "faire le pont", nombre de salariés ont pu bénéficier de 12 jours de congés. Ce n'était pas le cas en 2013. Moins de jours de congés peuvent aboutir logiquement à davantage de circulation. Le deuxième élément tient à la météo : l'hiver 2013 a compté 26 jours de neige contre un hiver 2014 plutôt doux, ce qui facilite la circulation. 

David Namias avec Emmanuel Lechypre