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Non, Porsche ne veut pas devenir un constructeur généraliste

La nouvelle Porsche 911 Targa, au Mondial de l'Automobile 2016, à Paris, en octobre.

La nouvelle Porsche 911 Targa, au Mondial de l'Automobile 2016, à Paris, en octobre. - DP - BFMTV.com

En quinze ans, le constructeur allemand a quadruplé ses ventes et sa production. S’il est sorti de la niche de la voiture de sport, Porsche refuse cependant de proposer de petits modèles pour se concentrer sur la sportivité, mais aussi les services et l’électrique.

Où s’arrêtera Porsche? Les chiffres du constructeur allemand donnent le tournis. Connu avant tout pour la mythique 911, Porsche a quadruplé en quinze ans sa production et ses ventes, et est passé en vingt ans d’un à six modèles au catalogue. La marque assure ainsi aujourd’hui un quart du résultat opérationnel du groupe Volkswagen, selon Le Figaro.

Sur les trois premiers trimestres, les ventes ont augmenté de 5%, avec 177.000 exemplaires vendus. Les dirigeants du constructeur ont mis les points sur les i, en marge du salon de Los Angeles (États-Unis) la semaine dernière: ils ne sont pas prêts à tout pour assurer cette croissance exponentielle.

Pas de modèle d’entrée de gamme sous les Boxster et Macan

Alors que Porsche a renouvelé cette année ses deux modèles d’entrée de gamme, les 718 Boxster et Cayman, sa grande berline, la Panamera et la version restylée de la 911, la marque ne compte pas multiplier à l’infini le nombre de modèles, à l’image d’un BMW par exemple. "Nous n’avons absolument pas l’intention de produire des modèles plus petits que ceux que nous avons aujourd’hui", a déclaré au site spécialisé Automotive News Europe Detlev von Platen. Le directeur général des ventes de Porsche a ainsi mis fin aux rumeurs évoquant un petit SUV de segment C (de la taille d’un Volkswagen Tiguan), sous le Macan.

"Nous sommes une marque exclusive de voitures de sport, nous n’avons rien à gagner à créer une Porsche moins onéreuse dans le futur, a poursuivi Detlev von Platen. Il n’est pas question de quantité, mais de qualité dans ce que nous faisons".
Lors de sa soirée groupe à la veille du Mondial, fin septembre, Volkswagen mettait en avant l'Audi Quattro et la Porsche 911, comme exemples de modèles iconiques.
Lors de sa soirée groupe à la veille du Mondial, fin septembre, Volkswagen mettait en avant l'Audi Quattro et la Porsche 911, comme exemples de modèles iconiques. © DP - BFMTV.com

Miser sur l’ADN sportif hérité de la 911

C’est clairement l’une des forces de Porsche. L’allemand a réussi à s’installer sur de nouveaux segments, tout en conservant son ADN sportif et son identité liée à la 911. La dernière Porsche Panamera en est un exemple flagrant. "C’est l’une des voitures les plus intéressantes du moment, s’enthousiasme le designer d’une marque française. Aussi bien dans l’habitacle qu’au niveau du design extérieur, Porsche a réussi à décliner sur la Panamera l’identité de la 911, pour laquelle les clients viennent chez Porsche".

Cette identité se déclinera de nouveau l’année prochaine sur la nouvelle génération du Cayenne, attendue pour 2017. L’autre force de la marque de Zuffenhausen consiste à ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier, côté ventes. Porsche écoule ainsi à peu près autant de véhicules en Chine (58.000), qu’aux États-Unis (52.000) et en Europe (68.000, chiffres du cabinet Inovev). Côté modèles, les ventes se partagent entre le Macan (34%), le Cayenne (30%) et la 911 (20%).

Électrification, services et semi-autonomie

Présent sur les principaux segments en croissance dans le premium, Porsche mise désormais sur les technologies d’avenir, électrification et conduite autonome… mais pas trop. D’ici 2018 ou 2019, Porsche dévoilera une grande berline hybride rechargeable, directement inspirée de son concept Mission E.

"Actuellement, tous nos efforts portent sur la Mission E, une 911 totalement électrique n’est pas à l’ordre du jour. Je pense que les moteurs thermiques et électriques peuvent encore cohabiter durant au moins 10 ans, c’est une bonne chose, explique au magazine Autocar Oliver Blume, président de Porsche depuis 2015. C’est une bonne chose d’avoir la 911 classique à côté de modèles comme la Mission E".

Cette dernière ne sera cependant pas 100% autonome. "Quand vous achetez une Porsche, c’est pour la conduire pleinement, poursuit-il. Actuellement, nous ne travaillons pas sur un système de conduite automatisée. Mais nous souhaitons associer certains éléments de la conduite autonome aux gênes de la marque, de sorte que vous ayez toujours une vraie Porsche". Le constructeur allemand compte ainsi développer les services autour de ses voitures. Detlev van Platen évoque une Porsche capable d'identifier seule une place de parking, de s'y rendre, de se garer et même de régler la note. Avec la carte bancaire du conducteur!

Pauline Ducamp