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Mort de François Michelin, un industriel hors du commun

François Michelin, l'homme qui a dirigé le groupe français durant 47 ans est décédé à l'âge de 88 ans, a annoncé Michelin ce mercredi.

François Michelin, gérant du fabricant français de pneumatiques pendant 47 ans, est décédé à l'âge de 88 ans, a annoncé mercredi le groupe Michelin dans un communiqué.

"Nous avons appris aujourd'hui avec une très profonde émotion la disparition de Monsieur François Michelin", a indiqué l'entreprise dans un communiqué. Interrogé par l'AFP, le groupe n'était pas en mesure de confirmer le jour et le lieu de son décès.

Un fervent catholique

Héritier des frères Michelin qui ont fondé le groupe de pneumatiques en 1889, François Michelin a dirigé la société pendant 47 ans jusqu'en 1999, date à laquelle il avait transmis les rênes de l'entreprise à son fils Edouard, décédé accidentellement en 2006. Orphelin de son père et sa mère, alors qu’il avait à peine 10 ans, François Michelin avait été élevé par sa tante, une femme très pieuse. Au pensionnat, il avait reçu une éducation religieuse.

François Michelin gardera foi en dieu toute sa vie. Il s’était d’ailleurs retiré dans une maison de repos catholique. Dans un entretien à Paris Match alors qu’on l’interroge sur la mort de son fils, Edouard, il évoque à nouveau l’importance de la vie spirituelle: "La foi conduit à la notion de vie éternelle. Il n’y a pas de disparition. La vie est changée, elle est totale. Vous vous rendez compte de ce que ça signifie ? C’est formidable".

"L’argent doit être un serviteur, jamais un maître."

Ce grand patron était aussi connu pour son franc-parler. Interrogé par Paris-Match sur l'interventionnisme de l'Etat dans l'économie française, il répond sans détour: "L’Etat n’aime pas la liberté et l’indépendance. Quand le chômage est apparu, le président de la République de l’époque a dit : “Ne vous inquiétez pas, l’Etat a de l’argent.” Alors qu’il aurait fallu dire : “Il faut travailler ­davantage. Si vous ne le faites pas, nous allons crever.”" François Michelin entretenait également une relation très sereine vis-à-vis de l'argent.

Le magazine Challenges estimait en juillet dernier la fortune familiale à 1,3 milliard d'euros, le classant au 50ème rang en France. Pas de quoi lui faire tourner la tête : "Quand j’ai vu comment mon grand-père vivait, j’ai compris que l’argent c’est très commode, mais que, si l’on n’y prend pas garde, c’est comme une drogue. Mon grand-père m’a dit deux choses que j’ai gardées : la vérité et la réalité sont plus grandes que toi, et l’argent doit être un serviteur, jamais un maître."

Peu après l'annonce de son décès, les hommages se sont multipliés de la part du monde économique et politique: