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Lithium : la fin d'une bulle spéculative

Malgré une demande toujours forte chez les industriels et la dynamique de croissance de l'automobile électrique, les cours du lithium n'en finissent plus de baisser.

Malgré une demande toujours forte chez les industriels et la dynamique de croissance de l'automobile électrique, les cours du lithium n'en finissent plus de baisser. - STR / AFP

Alors que l'offre se multiplie en terme d'automobiles électrifiées, les cours du lithium, minerai essentiel à la fabrication des batteries, n'arrêtent pas de chuter depuis un an et demi.

Assiste-t-on à la fin d'une grande bulle spéculative? Alors que le monde prévoyait une ruée sur le lithium, face à l'explosion de la demande et de l'offre en matière d'automobiles électriques, les cours du minerai sont actuellement en train de chuter. Que ce soit le lithium australien, sud-américain ou asiatique, les cours, après avoir été multipliés par 4 de 2014 à 2017, ont perdu plus de 50% l'année dernière, et encore 30 à 40% depuis le début de l'année.

Pourquoi un cas de figure aussi contre-intuitif? En réalité, il semble que les investisseurs et les marchés aient totalement surestimé le marché. Malgré une forte hausse de la demande des industriel, et la très forte progression des parts de marché de l'électrique (seul segment toujours en progression dans un marché auto qui a tendance à se contracter au niveau mondial), le lithium a surtout été victime d'un raid spéculatif qui touche à sa fin.

Croissance surestimée

Certes, le marché de l'automobile électrique affiche toujours de très fortes progressions, mais se limite pour le moment à 2% du total des ventes en Europe et 4% en Chine. La progression des cours entre 2014 et 2017 suggérait une croissance sans doute bien plus forte, et pour le coup irréaliste.

Compte tenu de ces valorisations pourtant excessives, les investissements pour extraire le lithium se sont multiplié, notamment en Australie, provoquant déjà une forte baisse des cours. Les industriels eux-mêmes, paniqués par la hausse des cours, ont sécurisé leurs approvisionnements et constitué des stocks. Et la dynamique de demande a continué à chuter, ainsi que les prix.

Bientôt les batteries solides ?

La pression à la baisse sur les cours à l'avenir est appelée à perdurer, d'autant que les constructeurs et les équipementiers travaillent en ce moment sur les batteries futures, notamment la technologie « Solid State », permettant de fabriquer des batteries à la fois plus puissantes, plus efficaces et moins longues à charger que les batteries lithium-ion de la génération actuelle.

Une technologie toute nouvelle qui aura un autre avantage : être beaucoup moins gourmande en minerais comme le lithium ou encore le cobalt. Ces batteries solides prendront le relais de l'actuelle technologie à horizon 5 ou 10 ans. D'ici là, l'industrie automobile aura sans doute bien moins besoin de lithium... La pression à la baisse sur les cours devrait donc durer encore de long mois.