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Les difficultés d'Airbus sont aussi une catastrophe pour les sous-traitants du secteur aérien

Le constructeur européen doit détailler son plan social qui entraînera la suppression de 15.000 postes dans le monde. Mais ce sont aussi les sous-traitants du géant qui s'inquiètent pour leur avenir.

Qu'ils fabriquent des pièces métalliques, ou des bords d'attaques pour les ailes, les sous-traitants d’Airbus savent déjà que les prochaines années seront difficiles.

Pour ces PME ou ces ETI, les activités aéronautiques représentent, selon l'Insee, 70% de leur chiffre d'affaires. Par conséquent, "quand Airbus tousse, tout le monde est malade", résume le président de la Chambre de commerce et d'industrie de Toulouse.

La dépendance à Airbus

La bonne santé de ces entreprises est directement liée aux volumes de fabrication et "si Airbus fabrique 60 avions" explique un sous-traitant, "on fabrique 60 pièces, si Airbus en fait 40 on fait 40".

La dépendance est très forte : un Airbus est fabriqué à 80% par les sous-traitant. Autant dire que l'annonce d'Airbus de maintenir une cadence de production à seulement 40% de la normale jusqu'en 2021 va donc avoir des répercussions directes sur l'ensemble de la filière.

Été meurtrier

Les plus gros acteurs, comme Safran, résisteront. Mais les petites vont souffrir, ou pire déposer le bilan. Derichebourg, Sogeclair Aerospace, Scalian… Depuis quelques jours, les annonces de plan sociaux s’accélèrent. "La consolidation va s’accélérer. Le paysage de la sous-traitance aéronautique va changer" explique un expert de la filière. D'ici là, il faudra résister à un été meurtrier.

Airbus a annoncé un vaste plan social, mardi, avec la suppression de 15.000 postes dont 5.000 en France. L'épidémie a mis les compagnies aériennes du monde entier dans de graves difficultés, entraînant Airbus dans cette spirale infernale. Le constructeur européen doit présenter les détails de son plan ce jeudi.

Jean-Baptiste Huet avec Thomas Leroy