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Le port obligatoire du masque dans l'avion, principale source de conflits entre passagers

60% des "incidents passagers" au sein de la compagnie Air France sont liés à cette obligation. Aux Etats-Unis, les conflits en cabine se comptent en milliers depuis le début de l'année.  

Alors que le trafic aérien retrouve peu à peu son rythme de croisière cette été, les équipages doivent faire face à une recrudescence des conflits en cabine, liée au masque. Interrogée par le Parisien, la compagnie Air France explique que 60% des "incidents passagers" sont justement liées à au port de masque, obligatoire dans la plupart des compagnies dans le monde. 

Aux Etats-Unis, les chiffres sont aussi impressionnants. Depuis le début de l'année, les compagnies américaines ont déclaré 3500 cas de passagers perturbateurs sur leurs vols dont 2600 impliquaient le port du masque. Et la Federal Aviation Administration promet d'être intraitable: près de 600 enquêtes ont déjà été lancées cette année contre une moyenne de 140 par an auparavant. 

Dans ce pays où le masque est encore bien moins toléré qu'en Europe, le travail de l'équipage relève parfois du calvaire face à des passagers réfractaires voire agressifs, comme le détaillent les enquêtes en cours. Les sanctions ont d'ailleurs été relevées et les passagers perturbateurs risquent d'être interdits de vol et une amende pouvant aller jusqu'à 35.000 dollars. 

Un nouveau protocole

De son côté, la France a ratifié en février dernier le protocole de Montréal sur les passagers indisciplinés, signé en 2014 mais qui attendait toujours son entrée en vigueur. Ce protocole est censé diminuer les risques de perturbation en vol en détectant en amont les passagers indisciplinés. Si le masque est une source de tension, l'alcool n'est ainsi jamais bien loin, comme en témoigne une récente bagarre entre passagers éméchés qui refusaient de porter leur masque. Certaines compagnies comme Ryanair réfléchissent à limiter voire interdire l'alcool sur certains vols (notamment ceux pour Ibiza) après de multiples incidents. 

Côté sanctions, les listes noires des compagnies s'ajoutent à une réglementation internationale qui incite désormais l'Etat où l'avion atterrit à sanctionner le passager fautif. Auparavant, ce dernier était jugé dans le pays d'immatriculation de l'appareil, ce qui était rarement le cas. En France, les violences sont aussi punies par le code des Transports avec des peines allant jusqu'à cinq ans d'emprisonnement.

Thomas Leroy Journaliste BFM Business