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Le Dieselgate contraint Daimler à un 3ème profit-warning

Daimler doit provisionner pas loin d'un milliard d'euros pour couvrir les procédures concernant les moteurs diesel truqués.

Daimler doit provisionner pas loin d'un milliard d'euros pour couvrir les procédures concernant les moteurs diesel truqués. - THOMAS KIENZLE / AFP

La maison-mère de Mercedes doit encore abaisser ses prévisions, avec la hausse des provisions pour couvrir plusieurs dossiers liés à des irrégularités sur les moteurs diesel

Les grands constructeurs allemands n'ont pas fini de payer la note du Dieselgate. Après l'affaire Volkswagen, Daimler doit affronter les conséquences des révélations autour de son propre scandale de moteurs truqués. La maison-mère de Mercedes va devoir provisionner « plusieurs centaines de millions d'euros », peut-être près d'un milliard sur ses comptes du 2ème trimestre, pour se conformer à « plusieurs types de procédures initiées par le gouvernement allemand » dit le groupe.

En conséquence, Daimler est obligé d'abaisser ses prévisions de résultat. Le bénéfice brut d'exploitation (EBIT) est désormais attendu stable à l'issue de l'année 2019, contre une légère hausse prévue dernièrement, et notamment sur sa division utilitaires. Il s'agit du 3ème abaissement consécutif des prévisions de Daimler en un an. 

60.000 rappels ordonnés ce week-end

Daimler paye au prix fort son implication dans l'utilisation d'un logiciel truqueur sur certains de ses modèles diesel, qui abaissait artificiellement les émissions polluantes lors des phases de tests. A ce titre, le groupe a dû ces derniers mois effectuer un nombre très important de rappels et de mises en conformité (plus d'un million de véhicules). 

Rien que ce week-end, Daimler a annoncé que le Gouvernement allemand lui avait ordonné un rappel de 60.000 de ses véhicules, de type GLK. Mais l'enquête qui a conduit à cette procédure va s'élargir à plusieurs autres modèles vendus par Mercedes, avec à la clé de nouvelles procédures similaires coûteuses à prévoir.

Pression réglementaire intacte

Daimler préfère donc devancer l'appel, quitte à revoir le montant de ses provisions. Car ce n'est pas la seule affaire où le constructeur est impliqué ces derniers mois. Il a également été reconnu coupable d'entente illégale, avec BMW et Volkswagen, pour retarder l'entrée en production de certains systèmes antipollution. Affaire pour laquelle BMW a provisionné 1,4 milliard d'euros sur ses comptes.

La maison-mère de Mercedes pourrait bénéficier de la clémence des autorités, étant donné qu'elle est elle-même à l'origine de ces révélations. Mais cet ensemble d'éléments prouve que la pression réglementaire reste intacte autour des grands constructeurs allemands, et que la facture totale du Dieselgate est encore loin d'être réglée. Ces procédures continueront à peser lourd ces prochains mois, au milieu d'un marché très incertain, et des coûteux défis de transformation technologique du monde automobile.