BFM Business

La grève à la RATP peut-elle durer?

Les syndicats de la RATP font part de leur détermination à la veille de la journée de grève qui s’annonce très suivie ce vendredi. Certains brandissent la menace d’une grève illimitée.

La grève très suivie de ce vendredi va-t-elle se poursuivre? Pour l’heure, la grève est prévue pour 24 heures. Si les métros et une partie des RER seront quasiment à l'arrêt ce vendredi, la situation devrait revenir à la normale dès samedi matin.

Malgré tout, les syndicats et les grévistes qui protestent contre la réforme des retraites affichent leur détermination. Dès à présent, ils envisagent de poursuivre la mobilisation.

"Si évidemment, en fonction du déroulé des événements sur le dossier, ils ressentent la nécessité d'un nouveau conflit, on est prêts à y retourner", prévient Thierry Babec, secrétaire général UNSA-RATP.

La menace d'un mouvement "illimité"

Pas question pour l'heure d'envisager une grève perlée comme à la SNCF l'an dernier. "On n'est pas des adeptes des conflits perlés. La prochaine fois, ce sera pour un long moment, illimité", assure Thierry Babec. 

"L'idée de cette journée du 13 septembre, c'est bien de montrer notre détermination, notre capacité à nous mobiliser. Si le gouvernement ne veut pas entendre raison, on partira sur un mouvement qui sera beaucoup plus long, illimité", approuve Franck Minel, conducteur du RER A. 

Les grévistes de la RATP s'opposent à la réforme des retraites qui prévoit d'unifier les différents régimes. Ils souhaitent le maintien de leur régime spécial qui permet notamment des départs anticipés à la retraites. Une "compensation" selon eux de la pénibilité du travail, des horaires de nuit et du week-end.

"On change les règles en cours de jeu. On est entrés dans l'entreprise en se disant: on n'aura pas un gros salaire, on a des conditions de travail difficiles mais on a l'avantage de partir un peu plus tôt. Et là, au bout de 20 ans de travail, on nous dit non, vous partirez à 64 ans", insiste Mourad Chikh, représentant UNSA et conducteur de bus RATP. 

Pécresse en appelle à "la responsabilité" des agents

Valérie Pécresse, présidente d'IDF-Mobilités en charge des transports franciliens, a regretté ce mercredi les conséquences de la grève pour les usagers et appelé à "la responsabilité" des agents grévistes. "On ne peut pas, alors que les contours de la réforme des retraites ne sont pas connus, commencer avec des grèves qui conduisent à fermer des lignes de métro", a-t-elle regretté. 

Vendredi, dix lignes de métro seront fermées. Les RER A et B sur les branches exploitées par la RATP ne circuleront qu'aux heures de pointe à une fréquence très limitée. 

Carole Blanchard