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La Chine inaugure une nouvelle ligne TGV

Le Lanxin a quitté la gare de Lanzhou pour la première fois ce 26 décembre, en direction d'Urumqi, la capitale du Xinjiang.

Le Lanxin a quitté la gare de Lanzhou pour la première fois ce 26 décembre, en direction d'Urumqi, la capitale du Xinjiang. - STR- AFP

Longue de 1.800 kilomètres, la nouvelle ligne de chemin de fer à grande vitesse va désenclaver la région du Xinjiang, une sorte de "Far West" chinois réputé pour son agitation permanente.

Pékin mise sur le TGV pour dompter une région rebelle. La rame de la nouvelle ligne, baptisée Lanxin, a quitté pour la première fois la gare de Lanzhou à 10h49 (02h49 GMT), ce vendredi 26 décembre, avec à son bord 622 passagers et des serveuses en costume national ouïghour et d'autres minorités du Xinjiang. Les images ont été diffusées en direct sur la télévision chinoise au vu des enjeux politiques et économiques de ce nouveau train.

Un temps de trajet divisé par deux

En construisant en 5 ans seulement cette ligne grande vitesse de 1.800 kilomètres, les autorités chinoises espèrent ramener le calme dans la région autonome du Xinjiang, en proie à des conflits ethniques et religieux. Une région immense, semi-désertique des confins occidentaux de la Chine, grande comme trois fois la France, et frontalière de huit pays d'Asie centrale.

Désormais, en utilisant le Lanxin, il est possible de relier en moins de 12 heures Lanzhou, la capitale provinciale du Gansu voisin, à Urumqi, la capitale du Xinjiang, réduisant de moitié le temps du trajet. En raccordant cette région au reste du pays, Pékin espère aussi encourager les investisseurs à s'installer dans cette zone isolée. Une manière de permettre à ce coin reculé du pays de bénéficier lui aussi du boom économique.

Un réseau de 16.000 km d'ici à 2020

L'État chinois mise à terme sur l'intégration et le développement économiques du Xinjiang, une nouvelle "route de la soie" qui doit inclure les pays d'Asie centrale: en 2017, une autre ligne de TGV reliera ainsi Pékin à Lanzhou, réduisant à 16 heures le temps de parcours entre la capitale chinoise et Urumqi, contre 41 heures actuellement, selon l'agence Chine nouvelle.

D'autres lignes de TGV ont été inaugurées au cours de ce mois de décembre, dont une reliant Shanghai à Canton (sud), réduisant de 16 à sept heures le trajet entre les deux métropoles. Engagée en 1999, la construction du réseau TGV chinois a permis au pays de disposer de 11.000 kilomètres de voies en service en 2013 -le plus long réseau du monde- et il doit atteindre les 16.000 kilomètres en 2020. Sa réalisation a toutefois été entachée de nombreux scandales de corruption, révélés à la suite d'un grave accident survenu en juillet 2011 qui avait fait une quarantaine de morts.

Mathieu Sévin avec AFP