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L'Assemblée vote en faveur de la réforme ferroviaire, la grève continue

Les députés ont adopté à une large majorité le projet de loi controversé. L'intersyndicale, de son côté, a appelé à poursuivre le mouvement de contestation.

L'Assemblée a adopté ce mercredi en dernière lecture le projet de réforme ferroviaire, avant le Sénat jeudi. Le vote a été acquis à une très large majorité de 452 voix contre 80, et 27 abstentions.

Le projet de loi "pour un nouveau pacte ferroviaire" prévoit de transformer la SNCF en société anonyme, de fixer le calendrier de l'ouverture à la concurrence prévue au niveau européen et de supprimer l'embauche au statut dans l'entreprise historique.

Outre la majorité LREM-MoDem et les UDI-Agir, les trois quarts des LR ont voté pour. Les groupes de gauche (socialistes, communistes et Insoumis) et les élus FN se sont prononcés contre.

En forme de baroud d'honneur, les communistes ont défendu une motion de rejet contre un texte qui permettra de "revendre notre grande entreprise publique à la découpe".

Le texte a été retouché depuis trois mois dans les deux chambres, sur fond de concertations avec les syndicats, avec de nouvelles garanties pour les salariés du groupe ferroviaire et un recours moindre qu'annoncé aux ordonnances.

L'adoption définitive jeudi au Sénat, à majorité de droite, ne sera qu'une formalité, après l'accord députés-sénateurs sur une version commune du texte lundi en commission mixte paritaire.

Mobilisation le 28 juin

Au moment même du vote au Palais Bourbon, l'intersyndicale de la SNCF (CGT, Unsa, SUD, CFDT) a quant à elle appelé les cheminots à poursuivre la grève et à se mobiliser "massivement" le 28 juin, dernier jour du calendrier fixé pour des arrêts de travail deux jours sur cinq.

La date coïncidera avec un appel des centrales CGT, FO et des organisations de jeunesse UNL et Fidl à une journée de mobilisation avec des "initiatives" sur tout le territoire, pour la défense des étudiants, travailleurs, chômeurs et retraités.

Le secrétaire général de la CGT-cheminots Laurent Brun veut le 28 juin "affirmer que (les agents SNCF) restent déterminés si le gouvernement joue le jeu irresponsable du pourrissement". Il a aussi prévenu que si la réunion vendredi patronat-syndicats-gouvernement sur la future convention collective du secteur ferroviaire était "improductive, de nouvelles mobilisations seront programmées". Cette convention remplacera le statut des cheminots à partir du 1er janvier 2020 pour les nouveaux embauchés.

La grève s'est poursuivie mercredi pour son 30e jour, avec deux TGV sur trois, trois Transilien sur cinq, un TER ou Intercités sur deux en moyenne, et devrait donc reprendre dimanche. Mais la mobilisation a atteint son niveau le plus bas, avec 12,78% de grévistes recensés dans la matinée par la direction.

Y.D. avec AFP