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Eurotunnel: "Record de trafic, record de profits, tout va bien"

Jacques Gounon était l'invité de BFM Business ce 18 mars.

Jacques Gounon était l'invité de BFM Business ce 18 mars. - Patrick Kovarik - AFP

Jacques Gounon, PDG d'Eurotunnel, s'est enthousiasmé sur BFM Business ce 18 mars des bons résultats de son groupe. Et il est confiant pour l'avenir.

Eurotunnel a fêté ses 20 ans et s'est offert un beau cadeau : une année record! "Record de trafic, record de profits, tout va bien", s'est enthousiasmé Jacques Gounon, PDG d'Eurotunnel, sur BFM Business ce mercredi 18 mars.

Le groupe Eurotunnel a annoncé mercredi avoir dépassé ses objectifs financiers en 2014 avec un excédent brut d'exploitation de 498 millions d'euros. Le bénéfice net s'est établi à 57 millions d'euros, quasiment divisé par deux par rapport aux 101 millions de 2013. Mais il s'agissait à l'époque d'un chiffre dopé par un actif différé d'impôt de 81 millions d'euros. Le bénéfice avant impôts a de fait été presque multiplié par trois en 2014, à 56 millions contre 20 millions publiés en 2013.

"Nous pouvons donc faire une nouvelle augmentation du dividende de 20% qu'on portera à 18 centimes si l'AG le vote le 29 avril", précise Jacques Gounon.

Selon lui, ces bons chiffres sont le résultat d'une économie britannique qui se porte bien et d'une livre forte. "La reprise était là en 2014 et elle est là en 2015. Les Britanniques, qui retrouvent du pouvoir d'achat, se précipitent en France". Eurotunnel profite du succès d'Eurostar "qui continue de progresser pour la 20ème année consécutive". Jacques Gounon rappelle qu'Eurostar va ouvrir de nouvelles destinations dans le Sud de la France cet été et Amsterdam en 2016.

Croissance pour MyFerryLink

Par ailleurs, le chiffre d'affaires de MyFerryLink est également en croissance (+25,2%) et même si la compagnie reste dans le rouge, elle a réduit sa perte d'exploitation à 12 millions d'euros contre 22 millions en 2013.

Eurotunnel est propriétaire des bateaux rachetés à l'ex-compagnie SeaFrance, et les loue aux anciens salariés de cette société, réunis au sein de la Scop SeaFrance. Mais Eurotunnel est voué à se séparer de MyFerryLink (10% de parts de marché) d'ici à l'été, après l'interdiction signifiée le 9 janvier par le Tribunal d'appel de la Concurrence (CAT) britannique de desservir Douvres.

Pour Emmanuel Moulin, directeur général délégué du groupe, la progression de l'activité montre qu'"il y a de la place pour MyFerryLink sur le Détroit, et cela contredit certainement le raisonnement qui avait été celui de l'autorité de la concurrence britannique, mais nous sommes respectueux du droit et nous appliquerons la décision qui a été prise". Le dirigeant d'entreprise a noté que le processus de vente de cette activité avait été enclenché dès janvier. "Nous avons quatre marques d'intérêt", a-t-il indiqué.

"Nous allons engager des discussions (...) avec ces repreneurs intéressés". Quant au calendrier de cession, "l'autorité nous a donné un délai de six mois pour arrêter cette activité, et donc à partir du 9 juillet nous ne pouvons plus en tant que groupe Eurotunnel opérer des services de ferries entre Calais et le port de Douvres", a-t-il rappelé.

D. L.