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En Asie du Sud-Est, la licorne Grab veut barrer la route à Uber

En Asie du Sud-Est, Grab se taille la part du lion sur un marché de 600 millions d'habitants qu'il ne veut pas partager avec Uber.

En Asie du Sud-Est, Grab se taille la part du lion sur un marché de 600 millions d'habitants qu'il ne veut pas partager avec Uber. - Grab

Après une levée de 350 millions de dollars en août dernier, Grab vient de réussir une nouvelle levée de 750 millions de dollars auprès de SoftBank. Ses objectifs: lancer un service de paiement mobile et barrer la route à Uber.

Les leaders mondiaux du VTC se partagent la planète. Uber et Lyft en Amérique du Nord et en Europe, Didi Kuaidi en Chine et Easy Taxi en Amérique Latine. En Asie du Sud-Est, Grab s’impose de manière incontestable. La société singapourienne fondée par deux anciens de Harvard, Anthony Tan et Tan Hooi Ling vient de réussir une levée de 750 millions de dollars.

Le principal investisseur de cette levée est, comme l’indique Grab dans son communiqué, le leader asiatique des télécoms Softbank. L’entreprise de mobilité n’a pas voulu dévoiler le nom des autres participants à ce tour de table qui fait de Grab une nouvelle licorne. Grâce à cette levée, sa valorisation est désormais supérieure à un milliard de dollars.

En août dernier, Grab avait déjà levé 350 millions de dollars auprès de deux fonds, l’un américain (Coatue Management), l’autre chinois (China Investment Corporation). Didi Kuaidi avait également participé à cette levée.

Du VTC à la banque en ligne

Depuis sa création en 2012, la société connaît une croissance exponentielle. Elle s’est d’abord lancée dans le VTC et dispose désormais de 400.000 chauffeurs pour répondre à 1,5 million d’appels quotidiens. Basée à Singapour, elle s’est déployée en Indonésie, aux Philippines, en Malaisie, en Thaïlande et au Vietnam. Elle dessert en totalité 31 villes de cette région de 600 millions d’habitants.

Au départ, la société se limitait au VTC, mais elle a peu à peu développé son activité dans d’autres secteurs du transport. Elle dispose d’un service de moto-taxi (GrabBike), un autre de covoiturage (GrabHitch), mais aussi un service de livraison (GrabExpress).

Son prochain projet est le lancement de GrabPay, un service de paiement mobile avec lequel elle s’associe avec Citybank dans un concept original. En utilisant ce compte pour payer leurs achats, les clients recevront des points avec lesquels ils pourront régler leurs courses de VTC.

Barrer à Uber la route du Sud-Est asiatique

Avec cette nouvelle levée, Grab s’impose comme le géant de la mobilité en Asie du Sud-Est. Et, comme ses dirigeants l’ont indiqué, ce marché de 600 millions d’habitants lui suffit amplement. À l'inverse d'Uber qui est implanté dans 40 pays, ils n’ont aucune ambition à l'échelle mondiale. Reste que, pour ne pas laisser ses clients asiatiques à Uber lorsqu'ils se rendent aux États-Unis, Grab a conclu un accord avec Lyft sur le marché américain.

Pour Travis Kalanick, dirigeant fondateur d'Uber, l’aventure asiatique est de plus en plus délicate et onéreuse. Le groupe californien a dû baisser son pavillon chinois face à Didi Kuaidi après avoir englouti 2 milliards d’investissements en pure perte. Uber s’est lancé en Asie du Sud-Est dès 2014. En février dernier, il a lancé UberMoto à Bangkok. Mais désormais, Grab, avec l’aide de Didi Kuaidi, a fermement l’intention de lui barrer la route.

Dans un message envoyé à ses salariés et repéré par Le Temps, le fondateur de Grab Anthony Tan a motivé ses troupes comme jamais. "Nous avons vu que quand le champion local reste fidèle à ses valeurs, il peut gagner. Nous l’avons observé en Chine et ce sera la même chose ici".

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco