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EADS remplace le dirigeant de sa division défense pour asseoir sa stratégie

Tom Enders a pour objectif d'augmenter la rentabilité d'EADS

Tom Enders a pour objectif d'augmenter la rentabilité d'EADS - -

Le patron du groupe aéronautique européen, Tom Enders, a annoncé, lundi 3 septembre, le remplacement de Stefan Zoller, jusqu’ici chef de Cassidian, la division défense du groupe. Son débarquement va permettre à Enders de reprendre la main sur la stratégie de cette filiale d'EADS.

Le nouveau patron d’EADS, Tom Enders s’affirme et fait tomber une tête au sein du groupe. Ce lundi 3 septembre, il a annoncé le départ brutal de Stefan Zoller, numéro un de Cassidian, la division défense du groupe aéronautique européen. Il sera remplacé par son dauphin Bernhard Gerwert. Cette manoeuvre devrait permettre à Tom Enders, à la tête d’EADS depuis juin dernier, d’avoir davantage les mains libres pour transformer Cassidian.

"L’objectif de Tom Enders est d’accélérer la progression de la rentabilité du groupe", révèle Yan Derocles, analyste chez Oddo Securities. Il semblerait que dans le cas de Cassidian des marges de manœuvre subsistent: "Cassidian génère 7% de rentabilité, un niveau très éloigné d’autres sociétés de son secteur, comme Boeing défense", poursuit-il.

D’après l’analyste, EADS envisageait soit de céder, soit de renforcer sa division défense qui ne représente aujourd'hui que 25% de ses revenus. La première hypothèse est écartée car "il est peu probable que le gouvernement allemand laisse EADS la choisir". Le groupe aéronautique pourrait ainsi décider d'effectuer des acquisitions pour muscler Cassidian. Autre option pour EADS: un rapprochement de la division défense avec Airbus Military, la filiale d'EADS qui fabrique l'avion militaire A400M.

Une relation conflictuelle entre Zoller et Enders

Un point de rupture avec Stefan Zoller qui lui était davantage favorable à la désintégration, et plaidait ainsi pour une plus grande autonomie de sa division. En 2011, il avait proposé de détacher d’EADS Cassidian, dont les avoirs industriels avaient surtout été apportés par l'Allemagne lors de la création du groupe en 2000.Louis Gallois, le prédécesseur de Tom Enders, avait alors séchement rejeté cette proposition.

Et le remplacement de Stefan Zoller et d'autant plus stratégique que Tom Enders ne s'entendait clairement pas avec l'ancien chef de Cassidian."Ils n'étaient pas sur la même longueur d'ondes en termes de stratégie ni d'organisation", a ainsi expliqué un responsable d'EADS cité par l'AFP et qui a requis l'anonymat. De là à dire que Tom Enders s’est débarrassé d’un encombrant rival dans le groupe européen, il n’ y a qu’un pas à franchir.

Julien Marion