BFM Business

Du poinçonneur des Lilas au Pass Navigo, les transformations du ticket de métro

A partir de 2019, le ticket de métro parisien sera progressivement remplacé par deux cartes sans contact, signant la fin de ce bout de papier mythique. Retour sur ses transformations en plus d'un siècle d'existence.

L'histoire s'arrête bientôt pour le ticket de métro. L'emblématique ticket va disparaître, remplacé à partir de 2019 par deux cartes sans contactAu fil de l'évolution du métro, ce petit morceau de papier cartonné s'est progressivement modernisé, répondant aussi aux transformations de la société. 

Un ticket première et deuxième classe

Depuis la création du métro, le ticket de métro a toujours eu son petit format rectangulaire mais est passé du rose au jaune, en passant par le vert ou le violet. A l'origine, la couleur du ticket permet de marquer une distinction de tarifs, entre la première et la deuxième classe.

En 1900, un billet rose vendu 20 centimes de francs permet d'accéder aux voitures de première classe. Le ticket de deuxième classe vendu 15 centimes est alors beige. La fin de cette distinction de tarifs date seulement d'il y a 25 ans. En 1991, la première classe, jugée peu rentable, est en effet définitivement supprimée. 

Ticket de métro de 2e classe, datant de 1903.
Ticket de métro de 2e classe, datant de 1903. © RATP

La bande magnétique et la fin des poinçonneurs

Autre révolution, la disparition des poinçonneurs en 1973. L'arrivée de la bande magnétique sur le ticket marque la fin de ce métier, décrit quinze ans plus tôt par Serge Gainsbourg avec son premier succès, Le Poinçonneur des Lilas.

Sa chanson immortalise cette profession emblématique du métro parisien, il y décrit un "gars qu'on croise et qu'on ne regarde pas", chargé d'une tâche répétitive toute la journée: poinçonner les tickets des voyageurs à l'entrée du quai. A partir de 1973, des portiques automatiques et des tourniquets sont installés dans les stations, les voyageurs compostent désormais eux-mêmes les tickets. 

Un ticket "chic et choc"

Dans les années 80, la RATP fait de son ticket un objet iconique grâce à la publicité. Une campagne de pub érige le fameux billet au rang d'accessoire branché. Le petit rectangle cartonné jaune se glisse partout et devient “chic et choc”. La chanson qui accompagne le clip -très imagé- fait même l’objet d’un 45 tours.

Echo à cette publicité, dans un autre clip publié en 1985, la RATP met de nouveau en scène le ticket de métro avec une apparition de Serge Gainsbourg. Clin d’oeil au billet de 500 francs qu’il avait brûlé en direct à la télévision, l'auteur du Poinçonneur des lilas brûle un ticket de métro et lance: “Tu as le chic, j’ai le briquet choc”.

Des tickets de métro 2.0

La dernière étape de la transformation de cet objet mythique a été amorcée en 2001. A cette date, le Pass Navigo est progressivement mis en place, cette carte à puce a vocation à remplacer la Carte Orange, l'abonnement qui permet de se déplacer de manière illimitée dans plusieurs zones. C'est chose faite en 2010.

A l'heure du transport multimodal, la carte Navigo permet aujourd'hui de se déplacer dans les transports en commun mais sert aussi de support aux abonnements Vélib' ou Autolib'.

A compter de 2019, le nouveau Pass Navigo sera à son tour dématérialisé avec une utilisation sur smartphone. Les utilisateurs occasionnels des transports utiliseront eux un ticket de métro 2.0, stocké sur une carte qui pourra aussi servir de porte-monnaie électronique.

Carole Blanchard