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Comment le Blablacar du scooter est en train de séduire Rome

Au pays de la Vespa, un service de partage de scooter s'impose comme une évidence. À Rome, Scooterino met en relation particuliers roulant en deux-roues et passagers ponctuels. Avec une touche de "séduction" à l'italienne en plus.

À Rome, de nouveaux concurrents des taxis sillonnent les rues mais ce ne sont pas les voitures d'Uber. Ce sont les pilotes de deux-roues enregistrés sur Scooterino, nouveau rejeton de l'économie numérique collaborative. Lancé il y a un an par un jeune entrepreneur américain installé en Italie, cette plate-forme internet met en relation les propriétaires de scooter et les passagers désireux de monter derrière eux, le temps d'un trajet.

S'inspirant du covoiturage entre particuliers qui a fait le succès de Blablacar, l'appli indique à son utilisateur, qui saisit ses lieux de départ et d'arrivée, le chauffeur (noté par l'application) disposé à le prendre sur son siège arrière pour le trajet demandé. Tout passe par l'application gratuite pour smartphone, de la réservation jusqu'au paiement.

Le service UberPop a été interdit en Italie dès mi-2015

Interrogé par Bloomberg, le jeune fondateur, Oliver Page, explique que l'idée du service lui est venue un jour à Rome, en attendant un bus qui n'est jamais arrivé en raison d'embouteillages monstres. Flairant qu'au pays de la Vespa il y avait une demande latente pour un service pratique de transport de personnes sur deux-roues, très efficaces sur le bitume romain saturé, la start-up parie sur le potentiel des 500.000 scooters circulant dans Rome.

Pour ne pas s’attirer les foudres des taxis romains et des autorités de régulation, Scooterino se présente comme un service de partage de frais de trajet urbain entre particuliers. Ainsi, il n'a pas subi le funeste sort d'UberPop. Ce service de covoiturage entre particuliers d'Uber a été interdit par un juge de Milan à la mi-2015, comme cela été le cas en France, étant considéré dans les deux cas comme un service illicite de transport.

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- © Le service n'hésite pas à aguicher le chaland sur les réseaux sociaux: "Et si vous deviez prendre une course avec cette belle propriétaire de scooter?". Scooterino

Là où Blablacar vante la convivialité partagée entre chauffeur et passagers en voiture pendant le trajet, Scooterino joue aussi, à l'italienne, la carte de la "romance" propre à un parcours en deux-roues dans la ville éternelle. 

Mais les affaires sont les affaires : la confiance reste la clé d'un service de partage de véhicules. Soucieuse de vérifier le sérieux des propriétaires de scooter, la start-up s'assure elle-même de l'état de leur véhicule, qu'ils ont un permis en règle, qu'ils sont âgés d'au moins 21 ans et qu'ils sont bien assurés. Elle leur impose aussi de mettre à disposition du passager une coiffe jetable en plastique et, bien entendu, un casque.

Dans les faits, Scooterino vise les courts trajets en zone urbaine, qui sont aussi l'apanage des taxis et d'Uber. Mais ses tarifs sont a priori concurrentiels par rapport à ces derniers. Le tarif de base est de 4 euros pour un trajet jusqu’à 4 kilomètres. Au-delà de cette distance s’ajoute 0,80 euros du kilomètre, la start-up se rémunérant par une commission de 20%.

En un peu plus d'un an d'activité, 17.000 trajets ont été réservés et payés via la plate-forme. Mais seulement 500 propriétaires de scooters sont enregistrés selon Bloomberg. Ce faible nombre limite la disponibilité du service : aux heures de pointe, la demande y étant nettement supérieure à l'offre. La rançon du succès en quelque sorte...

Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé Journaliste BFM Éco