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Chute du rouble: Renault Nissan s'en sort bien

Avtovaz produit la fameuse Lada.

Avtovaz produit la fameuse Lada. - Alexey Druzhuni - AFP

Grâce à son alliance avec Avtovaz, Renault Nissan est imperméable aux variations des taux de change. Pour autant, le marché automobile russe peine.

Le contexte économique russe n'affole pas vraiment Carlos Ghosn. Le patron de Renault Nissan assure que son groupe est beaucoup moins affecté par la chute du rouble que d'autres constructeurs.

La force de Renault Nissan est d'avoir racheté Avtovaz. En mettant la main sur le fabricant de Lada, l'alliance s'est considérablement développée en Russie. Au point d'être considéré par de nombreux russes comme une entreprise locale.

Cette grande intégration permet à Renault et Nissan d'être imperméables aux variations de taux de change. Reste le problème des matières premières, comme l'acier. Là encore, l'alliance est provisoirement épargnée car il s'agit de contrats à long terme qui bénéficient de couvertures, sorte d'assurance contre les fluctuations boursières.

Pour autant Carlos Ghosn en est conscient le marché automobile russe est déprimé. Si les objectifs de ventes seront difficiles à atteindre, l'urgent est de maintenir les parts de marchés de Renault, Nissan et Avtovaz. Une manière de préparer la reprise avec l'objectif de multiplier les volumes de l'alliance en Russie par 3 d'ici à 2018.

Baisse des effectifs

D'ailleurs, plusieurs centaines d'ouvriers de l'usine Avtovaz, contrôlé par Renault-Nissan, ont manifesté le weekend dernier contre les suppressions de postes "massives" en cours et menacé de se mettre en grève.

Entré en fonctions au début de l'année, le directeur général d'Avtovaz, le Suédois Bo Andersson, a décidé d'accélérer les baisses d'effectifs en cours depuis plusieurs années pour ramener le producteur des célèbres Lada à la rentabilité.

Le groupe, dont Renault-Nissan a pris le contrôle en juin dernier, subit en effet de plein fouet les effets des difficultés économiques de la Russie, accentuées par les sanctions contre Moscou à cause de la crise ukrainienne. Il a vu ses ventes plonger de 16% sur les onze premiers mois de l'année par rapport à la même période en 2013. Avtovaz est le principal employeur de Togliatti, ville à 1.000 km au sud-est de Moscou baptisée du nom du leader communiste italien Palmiro Togliatti aux grandes heures de la coopération avec Fiat. Le constructeur a déjà subi d'importantes réductions d'effectifs pendant la crise de 2008-2009.

Mathieu Sévin et BFMBusiness.com