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Ce 21 janvier, le Concorde aurait dû fêter ses 40 ans

Remisé depuis 2003, le Concorde restera une légende de l'aéronautique.

Remisé depuis 2003, le Concorde restera une légende de l'aéronautique. - Matt Campbell - AFP

Remisé sous les hangars depuis 2003, le supersonique franco-britannique aurait dû fêter ses 40 ans ce 21 janvier. Retour sur cette épopée de l’aéronautique qui fait encore rêver passionnés et industriels.

Depuis 2003, le Concorde ne fend plus le ciel. Le plus bel et le plus rapide avion du monde, comme il est encore surnommé en France, est toujours présent dans les esprits. Car bien qu’il soit considéré par certains comme un fiasco commercial, le Concorde incarne encore une prouesse technologique que des avionneurs aimeraient relancer. Dates et chiffres clés du "grand oiseau blanc".

21 janvier 1976

Il y a quarante ans tout juste démarrait l'exploitation commerciale du Concorde. Le 21 janvier 1976, Air France et British Airways mettaient en service conjointement cet appareil, avec des vols inauguraux Paris-Rio et Londres-Bahreïn.

Les deux compagnies ont été les seules à exploiter l'avion célèbre pour son museau pointu, ses ailes delta triangulaires et son bruit assourdissant, jusqu'au crash de Gonesse, près de Paris, en juillet 2000, et la mise à la retraite définitive en 2003.

Les décibels font polémique

119,4 décibels: c'est le niveau sonore moyen au décollage du Concorde, mesuré en 1977 par les autorités américaines sur l'aéroport de Washington en pleine polémique sur les nuisances réelles ou supposées de cet appareil made in Europe. À titre de comparaison, 120 décibels c'est le niveau sonore d'un coup de tonnerre. Le seuil moyen de la douleur auditive chez l'homme se situe vers 110 décibels.

20 tonnes de kérosène... par heure

Outre le bruit, la consommation excessive était l'autre point noir du bel oiseau conçu dans les années 60 avant les crises pétrolières par les Français de Sud-Aviation (devenu Aerospatiale puis EADS, aujourd'hui Airbus Group) et les Britanniques de British Aircraft Corporation (BAE Systems).

Les quatre réacteurs Rolls-Royce/Snecma Olympus 593 engloutissaient en moyenne 20 tonnes de kérosène par heure de vol, 450 litres par minute lors d'un décollage. La consommation par passager était estimée à 14 litres pour 100 kilomètres parcourus, trois à quatre fois plus que sur un avion de ligne actuel (4 litres/100 kilomètres en moyenne).

Mach 1 et bien plus…

C'était le point d'excellence du Concorde, seul avion de ligne (avec l'éphémère Tupolev 144 russe surnommé "Concordski" en raison de sa ressemblance avec l'avion franco-britannique) à voler à vitesse supersonique, à savoir plus vite que la vitesse du son (1.235 km/h). Sa vitesse de croisière maximale atteignait près de 2.200 km/h.

Il permettait à une centaine de passagers de gagner New York depuis Paris en 3h30 soit environ dix fois moins que le temps mis par Charles Lindbergh pour relier New York à Paris en 1927 (33h30) et deux fois moins que les vols actuels (près de 8h). Coût du billet: 8.100 euros pour le dernier voyage en 2003.

Une série limitée à 14 appareils

À l'origine, le consortium franco-britannique espérait vendre plus d'une centaine d'appareils. Mais au final seuls 14 avions ont été exploités entre 1976 et 2003: sept par Air France et sept par British Airways.

Le dernier vol commercial opéré par la compagnie française s'est déroulé entre New York et Paris le 31 mai 2003, tandis que British Airways a réalisé ses derniers vols en Concorde en octobre de cette même année.

Des centaines de milliards pour le décollage

Entre le premier vol d'essai à Toulouse le 2 mars 1969 sous les commandes d'André Turcat, pilote de légende décédé début janvier, et le certificat de navigabilité reçu en octobre 1975, l'appareil a cumulé 5.000 heures de vol d'essai, soit quatre fois plus que pour un avion commercial classique. Fuselage en aluminium, aile delta, commandes électriques: l'avion a concentré de nombreuses innovations qui ont ensuite profité à l'industrie.

Le coût global du programme n'a jamais été chiffré avec précision. Diverses sources permettent d'en évaluer le prix entre quelques milliards et une dizaine de milliards d'euros.

BFM Business avec AFP