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CDG Express: Pécresse opposée à une mise en service pour 2024, "intenable" selon elle

Le CDG Express doit relier Paris à l'aéroport de Roissy en 20 minutes.

Le CDG Express doit relier Paris à l'aéroport de Roissy en 20 minutes. - - JOEL SAGET / AFP

La ligne ferroviaire CDG Express doit relier directement la gare de l'Est, dans le centre de Paris, au terminal 2 de l'aéroport de Roissy. Le trajet doit durer vingt minutes et coûter 24 euros.

Valérie Pécresse, présidente d'Ile-de-France Mobilités, l'autorité des transports en Ile-de-France, a jugé ce lundi "intenable" le scénario prévoyant une mise en service du Charles-de-Gaulle Express pour les JO 2024, qui "dégraderait les conditions de voyage" des usagers du RER B.

La ligne ferroviaire CDG Express doit relier directement la gare de l'Est, dans le centre de Paris, au terminal 2 de l'aéroport de Roissy. Le trajet doit durer vingt minutes et coûter 24 euros.

Un CDG Express en 2024 ou 2025?

Le préfet de la région Ile-de-France Michel Cadot a indiqué vendredi avoir proposé deux scénarios au gouvernement pour la réalisation du CDG Express: le premier prévoit une mise en service à temps pour les jeux Olympiques de 2024, moyennant une fermeture complète de la partie nord pendant trois semaines à l'été 2023, et de nombreuses fermetures anticipées de la ligne à 23H00. Le second propose une livraison en décembre 2025, en étalant les chantiers et avec davantage de coupures le week-end pour le RER B sur 2021-23

A l'issue d'une audition ce lundi de Michel Cadot par Ile-de-France Mobilités, Valérie Pécresse a jugé "radicalement intenable" le scénario de mai 2024. "Cela dégraderait les conditions de voyage des usagers du quotidien du RER B", a-t-elle dit à la presse. Concernant une coupure de trois semaines en juillet 2023, elle souligne que "la SNCF est incapable de s'engager pour des transports de substitution" en bus, qui concerneraient "250.000 usagers". 

Au total, a-t-elle souligné, "ce sont 1 million de voyageurs du RER B qui auraient des conditions de voyage très dégradées" en cas de scénario 1.

Un fonds d'indemnisation en cas d'aléas de chantiers

Pour Ile-de-France Mobilités, "seul le deuxième scénario nous paraît tenir la route", a ajouté Mme Pécresse, mais il faut "l'améliorer en mettant en place un fonds d'indemnisation en cas d'aléas de chantiers". 

Pour les Jeux Olympiques, elle précise qu'il est possible de mettre en place "une offre spéciale JO", avec des RER B qui seraient directs entre Gare du Nord et Roissy (comme cela existe déjà à certaines heures). "C'est une compensation acceptable pour le Comité olympique", estime-t-elle.

La balle est maintenant dans le camp du Premier ministre. "Je le mets en garde contre un scénario perdant-perdant. On empile des travaux dans une boîte à chaussures trop petite", prévient la présidente de la région IDF.

Dans son rapport, le préfet estime les deux scénarios "techniquement réalisables, permettant de réaliser les travaux dans des conditions acceptables pour les usagers". 

Pour le groupe Modem du conseil régional d'IDF, membre de la majorité de Valérie Pécresse, le 2e scénario "est le seul crédible". Mais pour le groupe Front de Gauche du conseil régional d'Ile-de-France "Valérie Pécresse devrait dire clairement non au CDG Express", tandis que le groupe Alternative écologiste et sociale juge qu'"aucun de ces scenarios n'est envisageable".

Cyrielle Cabot avec AFP