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Bus: les comparateurs de prix tournent à plein régime

Kelbillet, Comparabus, GoEuro, Checkmybus, Vivanoda ou Busradar... Les comparateurs ne manquent pas sur ce marché prometteur.

Kelbillet, Comparabus, GoEuro, Checkmybus, Vivanoda ou Busradar... Les comparateurs ne manquent pas sur ce marché prometteur. - P.K.

Pour aider les consommateurs à s'y retrouver dans la jungle du transport par autocar libéralisé par la Loi Macron, les comparateurs se multiplient sur internet. Un succès qui amplifie la guerre des prix. L'allemand Flixbus frappe très fort avec des Paris-Lyon et Paris-Bordeaux à 1 euro.

Ils sont les autres gagnants de la libéralisation du marché du transport par car. Les comparateurs spécialisés ont vu leur audience s’envoler depuis août 2015, date de l'entrée en vigueur de la Loi Macron. Kelbillet, Comparabus, GoEuro, Checkmybus, Vivanoda ou Busradar sont de plus en plus utilisés par les internautes pour s’y retrouver dans cette nouvelle jungle où la guerre des prix fait rage. Nicolas Pellier, fondateur de Vivanoda, revendique 230.000 à 250.000 visites par mois et observe "depuis six mois, une grosse progression de la demande sur les trajets par car", qui représentent "30 à 40% des redirections depuis cet été".

Qu'ils proposent des voyages en autocar uniquement, ou qu’ils permettent de comparer les tarifs avec d'autres modes de transport, les comparateurs se battent pour nouer des partenariats avec les différents opérateurs, seul moyen pour eux de générer du chiffre d'affaires en étant exhaustif. L'Allemand Busradar, qui se positionne sur le marché français, indique ainsi avoir conclu un "partenariat avec chaque opérateur" d'autocar. Il est même "en train d'intégrer le train".

Une audience qui double tous les mois

Pour Malte Cherdron, directeur opérationnel de GoEuro -présent dans plusieurs pays européens et qui s'adresse également aux touristes américains- "la SNCF a un intérêt économique" à autoriser leurs sites à vendre directement des billets de train, car cela leur apporte des "usagers supplémentaires", notamment des étrangers qui viennent voyager en Europe. Kelbus -issu du comparateur Kelbillet- a lui aussi vu sa fréquentation augmenter "de manière très importante", assure son créateur Yann Raoul, qui évoque un "taux de croissance à quatre chiffres".

"C'est vrai qu'on partait de loin", concède-t-il. L'ensemble des deux sites - Kelbus et Kelbillet - cumule 3 millions de visites par mois. Même écho chez Comparabus, qui affiche actuellement 50.000 visiteurs uniques par mois, un nombre qui, depuis le printemps, "double tous les mois", se réjouit son fondateur Rémy Mellet. "Nous avons observé une croissance d'environ 400% (entre les 2 mois précédant et les 2 mois suivant la libéralisation).

Flixbus et ses billets à 1 euro

"Si l'on se base sur la croissance observée durant ces 60 derniers jours, à la même période l'année prochaine, le marché des bus en France a toutes ses chances de devenir l'un des plus importants d'Europe", souligne Jenna Salort, porte-parole de GoEuro. Une centaine de villes françaises devraient être desservies par l'autocar d'ici la fin de l'année, selon le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron. La libéralisation de l'autocar a permis la création de 700 emplois, et 250.000 passagers ont été transportés depuis l'été passé, contre 110.000 sur l'ensemble de 2014.

Dernier arrivé sur le marché français, le leader allemand du transport par car, FlixBus, aimerait bien s'imposer comme le champion en France. Et les comparateurs de prix l'aident à se faire connaître. Avec son prix d'appel à 1 euro pour un Paris-Bordeaux ou un Paris-Lyon, il bat à plate couture ses concurrents. Pour se développer plus vite que les autres acteurs, FlixBus noue des partenariats avec des transporteurs locaux qui repeignent leurs bus à ses couleurs. Elle en a sélectionné près de 20 en France. Objectif: une cinquantaine de lignes et une centaine de destinations différentes.

Les partenaires se chargent du transport, FlixBus s’occupe du reste dont évidemment la politique tarifaire. Avec donc un axe assez clair: casser les prix pour mettre à mal les concurrents. Une tactique qui lui a permis de s'imposer rapidement sur le marché allemand.

Un mode de rémunération classique

Les comparateurs de prix allemands veulent aussi profiter de l'expérience acquise outre-Rhin. Busradar y revendique un million de visiteurs mensuels, et vise la même chose en France, explique Vincent Betker, en charge du marché français. Le chiffre d'affaires provient, en plus de la publicité sur le site, d'une commission versée par les opérateurs en cas d'achat. "Le client paie le même prix mais la compagnie nous rémunère", explique Vincent Betker.

Si aucun de ces comparateurs ne communique son chiffre d'affaires, le modèle économique est similaire, avec une rémunération au clic pour certains, à l'achat pour d'autres. Un modèle qui a fait ses preuves dans les autres secteurs où les internautes l'ont adopté.

P.K. avec AFP