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Benjamin Smith: pourquoi Air France "est mieux armé" pour profiter de la reprise du trafic

Sur BFM Business, le Directeur général d'Air France-KLM souligne les atouts de la compagnies et ses axes de transformation, notamment dans le low cost.

"Un peu de lumière aujourd'hui"... Invité exceptionnel de Good Morning Business, Benjamin Smith, directeur général d'Air France-KLM, affiche un certain optimisme alors que le trafic aérien mondial tarde à redémarrer et que la compagnie continue à perdre beaucoup d'argent.

Pour autant, les étoiles commencent doucement à se réaligner, estime le dirigeant, notamment dans les pays en avance sur la vaccination et où l'épidémie reflue nettement.

"Si on voit la situation dans le marché domestique aux Etats-Unis, maintenant que beaucoup de restrictions sont levées, on voit une activité qui est presque au même niveau de ce qu'il était en mars 2019. Même chose pour le marché domestique chinois. Ici en France, nous sommes quelques mois en arrière en terme de vaccin mais on espère observer en Europe une situation similaire dans quelques mois", souligne le dirigeant.

Des marchés diversifiés

Cette reprise progressive, qui sera également facilitée par la généralisation des pass sanitaires, Air France estime être la mieux positionnée pour en profiter.

"On a une expérience et on sait comment s'adapter. Par ailleurs, Paris est le marché le plus important en Europe en termes de visiteurs. On poursuit notre transformation avec la diversité de nos réseaux et on a des marchés qui sont uniques en Europe, notamment vers l'outre-mer", souligne le dirigeant

Et de préciser que Pointe-à-Pitre est pour la compagnie la seconde destination en trafic derrière New York. Cette spécificité est un atout considérable face à ses concurrents européens comme IAG. "Nous ne sommes pas dépendants d'un seul marché", souligne Ben Smith.

"On a une base solide", martèle le dirigeant.

Pour autant, Air France-KLM doit poursuivre sa transformation, estime le DG, notamment en renforçant son bras low cost (Transavia). Après être parvenu à un accord avec les pilotes, le groupe prévoit de "doubler même tripler le nombre d'appareils basés en France", ils sont 40 aujourd'hui.

Tripler le nombre d'appareils Transavia

"Ca ne sera pas un transfert d'activités d'Air France vers Transavia", précise Ben Smith, "ça va être des nouveaux vols car on a perdu beaucoup de parts de marché face aux autres low cost. Par ailleurs, une grande partie de notre marché domestique était desservi par Hop! qui a un coût unitaire très haut donc on va réduire Hop! avec un seul type d'appareil au lieu de 5. Tous les autres réseaux domestiques seront desservis par Transavia sauf nos vols navette et la Corse".

Faut-il s'attendre à une guerre des prix, une contre attaque de la part de EasyJet ou Rynanair? "Oui et non car ça va être un peu plus difficile maintenant pour nos concurrents d'être plus concurrentiels en prix", estime le directeur général.

"Flyshame", réduction des émissions de CO2...
La reprise du trafic pourrait-elle être limitée par la prise de conscience écologiste et notamment le "fly shame", cette honte de prendre l'avion qui se développe notamment dans les pays nordiques?
"C'est pas nouveau pour nous, notre industrie a évolué dans ces dernières années avec de nouvelles technologies qui nouis aidé à baisser nos émissions", souligne Ben Smith.
Et de mettre en avant les efforts déjà réalisés. "Nous sommes mobilisés, on investit dans les évolutions technologiques. L'Airbus A220 consomme 25% de carburant en moins, on introduit de nouveaux carburants."
Le patron de la compagnie confirme également son fort intérêt pour l"hydrogène même si "ça prendra du temps".

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business