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Avec son Alpine, Renault veut affronter Porsche

Pour diriger Alpine, Renault a nommé le Néerlandais Michael van der Sande, un ancien d'Aston Martin, de Tesla et de Rolls-Royce.

Pour diriger Alpine, Renault a nommé le Néerlandais Michael van der Sande, un ancien d'Aston Martin, de Tesla et de Rolls-Royce. - Jean-Christophe Magnenet - AFP

Après vingt ans de sommeil, le constructeur automobile français Renault a relancé mardi Alpine, mythique marque de voitures sportives, espérant de sa future "berlinette du XXIe siècle" de belles retombées en terme d'image.

"Légèreté, agilité, sensualité et attention portée aux détails": la future Alpine, attendue en 2017, "respectera l'héritage" de la marque mais sera "complètement moderne", a affirmé le PDG de Renault, Carlos Ghosn, lors d'une conférence de presse à Monaco.

Le prototype Alpine Vision reprend, en plus abouties, les lignes du concept Alpine Célébration qui avait fait tourner les têtes aux 24 Heures du Mans en juin 2015, lui-même une interprétation de la "Berlinette" A110 des années 1960-1970.

"L'Alpine Vision est très proche de la voiture de série qui sera dévoilée d'ici à la fin de l'année, et arrivera dans les concessions en 2017", a promis le patron de Renault, lors de cette présentation en anglais. Selon Carlos Ghosn, cette voiture "accélérera de zéro à 100 km/h en moins de 4,5 secondes", soit mieux qu'une Porsche 911 Carrera.

Ces futures Alpine, qui seront vendues d'abord en Europe, sont, pour le PDG "une opportunité stratégique pour le groupe Renault", "une façon évidente d'entrer sur le marché des voitures de sport premium" pour trouver de nouveaux clients.

Un pari difficile, mais "c'est le bon moment"

Renault a nommé lundi un nouveau patron pour la marque, le Néerlandais Michael van der Sande, jusqu'alors directeur du marketing du groupe au losange, et passé par des constructeurs de "niche" comme Aston Martin, Tesla et Rolls-Royce.

Reste la question des perspectives commerciales d'un tel produit, alors que depuis la crise de 2008-2013, l'heure est plutôt à la rationalisation des gammes. Cependant, Renault n'a pas le couteau sous la gorge, puisqu'il a dégagé en 2015 presque trois milliards d'euros de bénéfice net.

Les concurrentes naturelles de celle que la presse spécialisée a déjà baptisée "A120" sont les Porsche Cayman, Alfa Romeo 4C et Lotus Elise, qui se vendent entre 45.000 et 65.000 euros. Mais, pour Carlos Ghosn, "c'est le bon moment pour relancer Alpine. Le groupe Renault est actuellement en croissance, et ses comptes sont solides".

Les petites Porsche, auréolées de leur image de marque, restent "les leaders incontestés de la catégorie", observe Ian Fletcher, spécialiste du secteur automobile chez IHS. Le consultant ne voit pas Renault réussir à vendre plus de 1.300 Alpine par an à l'horizon 2018.

P.S. avec AFP