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Autoroutes: Valls repousse à 2017 toute résiliation des concessions

Manuel Valls a indiqué que le groupe de travail travaillera sur deux scénarios: une renégociation ou une résiliation des contrats

Manuel Valls a indiqué que le groupe de travail travaillera sur deux scénarios: une renégociation ou une résiliation des contrats - Patrick Kovarik - AFP

Le Premier ministre a annoncé, ce mercredi 31 décembre, qu'un groupe de travail allait être mis en place pour étudier les suites à donner sur les contrats de concessions autoroutières. Une éventuelle résiliation est repoussée à janvier 2017.

Sans surprise, le gouvernement n'a finalement pas résilié les contrats de concessions autoroutières. Manuel Valls a, en effet, annoncé ce mercredi 31 décembre que cette possibilité était renvoyée à début 2017. 

Il a plus précisément indiqué qu'un groupe de travail allait être mis en place.Il sera chargé de plancher sur deux scénarios, à savoir une renégociation des contrats existants ou une résiliation de ces contrats au 1er janvier 2017. 

Ce groupe de travail examinera en outre une "proposition globale" des gestionnaires d'autoroutes, remise le 22 décembre au gouvernement, a ajouté Manuel Valls, dans un courrier au député PS Jean-Paul Chanteguet qui avait préconisé mi-décembre une résiliation des contrats.

Préserver le pouvoir d'achat des automobilistes

Cette "première proposition globale" des sociétés d'autoroutes comprend "des avancées importantes", mais qui doivent encore être "améliorées", a assuré le Premier ministre, sans plus de détails, disant y voir "la conséquence du rapport de force instauré par le gouvernement et les parlementaires".

Le groupe de travail devra établir des propositions, "avant toute décision du gouvernement", a encore indiqué Manuel Valls.

Le chef du gouvernement assure que l'objectif est de parvenir à "une meilleure régulation des péages afin de préserver le pouvoir d'achat des automobilistes, le rééquilibrage des profits et une participation" des concessionnaires d'autoroutes au financement des infrastructures de transport.

Un bras de fer entre les sociétés d'autoroutes et le gouvernement s'est engagé depuis l'automne dernier à la suite de la publication d'un rapport de l'Autorité de la concurrence qui déplorait alors la situation de rente dont bénéficiait les concessionnaires. 

Point de friction autour des péages

Pour peser dans les négociations, le gouvernement avait menacé de résilier purement et simplement les contrats liant l'Etat et les concessionnaires. L'exécutif avait jusqu'à jeudi pour décider d'une éventuelle résiliation des contrats au 1er janvier 2016. Au cours de ces négociations, les sociétés concessionnaires (Eiffage, Vinci...) avaient insisté sur le fait que toute modification d'un contrat doit être compensée. 

Parmi les points sensibles, la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal s'était opposée à la hausse des tarifs des péages, qui doivent augmenter de 0,57% le 1er février prochain, comme le prévoit les contrats de concession. Elle s'était ainsi déclarée favorable à un gel de ces tarifs pour 2015, le 16 décembre dernier sur BFMTV. 

Une autre piste est sur la table: une dissociation des taris des péages, avec des prix plus avantageux pour les véhicules "propres", rapportait le JDD dimanche 28 décembre. Interrogé le lendemain, le secrétaire d'Etat aux Transports a affirmé que l'"Etat souhaite qu'il y ait des encouragements pour les véhicules hybrides et électrique" tout en assurant qu'"il n'y aura pas de péage punitif pour les véhicules diesel".

J.M. avec AFP