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Autoroutes: Royal veut un gel des tarifs

Invitée de BFMTV et RMC, Ségolène Royal a souhaité un gel des tarifs autoroutiers en 2015.

Invitée de BFMTV et RMC, Ségolène Royal a souhaité un gel des tarifs autoroutiers en 2015. - BFMTV

A quelques heures d’une réunion avec les sociétés d’autoroutes, la ministre de l’Ecologie a dit souhaiter un gel des tarifs en 2015, mardi sur BFMTV et RMC. Conséquence : Vinci et Eiffage, deux des principaux concessionnaires, ont vu leur titre baisser à la Bourse de Paris.

Dans l’œil du cyclone après plusieurs rapports à charge, les sociétés d’autoroutes devraient essayer cette semaine de dénouer la crise actuelle avec le gouvernement.

Une tentative de retour en grâce peut-être compromise par les nouvelles déclarations de Ségolène Royal, ce mardi 16 décembre sur BFMTV et RMC. La ministre de l’Ecologie a en effet souhaité publiquement un gel des tarifs en 2015, "parce que les tarifs ont trop augmenté par rapport au coût de la vie donc il faut rendre aux automobilistes un peu de justice et d'équité tarifaire". Le tout alors qu'il est prévu que le prix des péages soit relevé de 0,57% au 1er février, dans le cadre de hausses annuelles programmées dans les contrats de concessions.

Un effort d'un milliard d'euros demandé

La ministre a également précisé que les sociétés concessionnaires, dont la Cour des Comptes a dénoncé les "rentes" dans un rapport récent, pourraient voir leurs contrats résiliés. "C'est une hypothèse parmi d'autres que le gouvernement n'écarte pas", a-t-elle affirmé, ajoutant: "Il y en trois, soit la résiliation totale, soit une résiliation partielle soit la rediscussion des concessions dans le cadre actuel".

En outre, Ségolène Royal a chiffré à un milliard d'euros l'effort qui leur serait demandé, peut-être sous la forme d'une taxe. "Ce qui est finalement moins de 10% du montant global qu'elles ont versé à leurs actionnaires qui s'élève à 17 milliards d'euros", a-t-elle indiqué.

Il n'y a "pas de magot des sociétés d'autoroutes"

Une sortie destinée à mettre la pression sur les interlocuteurs du gouvernement, qui ont vu leur titre baisser à la Bourse de Paris. A 10 heures, l’action Vinci perdait 2,75%, quand celle d’Eiffage était en baisse de 2,35%. Finalement, leur titre s'est repris: celui de Vinci a clôturé en hausse de 2,06%, et celui d'Eiffage de 4,19%. 

Mardi 9 décembre, quelque 152 députés socialistes avaient déjà écrit à Manuel Valls pour réclamer le rachat des concessions d'autoroutes, évoquant un "puissant acte de gauche". Le lendemain, Emmanuel Macron avait fait connaître son intention de réguler de manière plus accrue le secteur autoroutier par le biais de son projet de loi. De son côté, le patron de Vinci autoroutes s’était défendu lundi 15 décembre, estimant sur Europe 1 qu’il n’existait "pas de magot des sociétés d'autoroutes", et rappelant que "la concession permet d'investir massivement les sommes colossales qu'il faut pour construire un réseau (...) A la fin vous rendez l'actif, vous remboursez vos obligataires, vos actionnaires et il ne reste rien".

Les sociétés d'autoroutes proposent une modulation des hausses

Les sociétés d'autoroutes ont proposé au gouvernement de négocier une modulation des hausses des tarifs des péages en les étalant davantage dans le temps, selon une source citée par l'agence Reuters. "Pour les sociétés qui ont un contrat de plan, on est prêt à renégocier la durée d'étalement de la hausse", a dit cette source, évoquant une durée pouvant aller jusqu'à huit ans. Le gel des tarifs en 2015, de son côté, ne fait pas partie des propositions des sociétés concessionnaires, a-t-elle fait savoir.

Yann Duvert avec agences