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AccorHotels propose à l'État de lui racheter sa part dans Air France

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L'Etat céderait tout ou partie des 14,3% d'Air France qu'il détient et pourrait conserver un droit de regard en prenant une participation dans le capital d'AccorHotels. Une proposition que l'exécutif étudierait sérieusement, selon Les Échos.

Le groupe hôtelier AccorHotels a proposé à l'Etat de lui acheter les 14,3% qu'il détient dans le groupe franco-néerlandais Air France-KLM, écrivent dimanche Les Échos sur leur site. "L'État envisagerait de se défaire de tout ou partie de ses 14,3 % au capital du groupe franco-néerlandais", affirme le quotidien. Ou, du moins, "il en étudierait en tout cas sérieusement la possibilité, depuis que les dirigeants d'AccorHotels ont manifesté leur intérêt pour sa participation".

Selon le journal, trois options sont sur la table: un rachat de la totalité de la participation de l'État par AccorHotels, un rachat partiel, ou enfin un "'swap' dans lequel l'État recevrait des actions AccorHotels en échange de ses titres Air France-KLM". 

La perspective d'une entrée d'AccorHotels au capital d'Air France-KLM suscitait des réactions tranchées à la Bourse de Paris: l'action Air France-KLM prenait 7% à 7,47 euros tandis qu'AccorHotels reculait de 6,40% à 44,55 euros peu avant 14h00.

"Le gouvernement est ouvert sur le principe"

La secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie, Delphine Gény-Staphann, a réagi en indiquant qu'un tel projet industriel "a sans doute des approches intéressantes".

"Le gouvernement est ouvert sur le principe dès lors qu'il y a une discussion entre les deux entreprises qui fait apparaître un sujet industriel qui tient la route", a-t-elle déclaré lors de l'émission Ecorama diffusée sur le site Boursorama. "C'est entre les entreprises que les discussions doivent se mener. L'État aura son mot à dire et participera dans son rôle d'Etat actionnaire à la discussion stratégique", a-t-elle ajouté.

Proposer une "offre enrichie de services"

Accor a de son côté publié un communiqué dimanche soir, confirmant que le groupe "a conduit à plusieurs reprises, au cours des dernières années, des discussions avec Air France-KLM en vue de développer notamment des projets digitaux communs et une plateforme commune de fidélisation et de services qui permettraient aux clients des deux groupes, leaders mondiaux du voyage, de bénéficier d’une offre enrichie de services autour de la mobilité à travers le monde".

"Ces réflexions comportaient l’éventualité d’une prise de participation minoritaire au capital d’Air France-KLM afin de conforter ce projet industriel de croissance", peut-on encore y lire. "Il n’existe aucune certitude sur le fait que ces initiatives donneront lieu à un quelconque accord ou une quelconque mise en œuvre", précise par ailleurs Accor.

Garder un droit de regard

"Aux cours actuels, il récupérerait un peu plus de 3% du capital du groupe dirigé par Sébastien Bazin", précisent Les Échos. Cette dernière solution permettrait notamment à l'État de garder un droit de regard sur l'avenir d'Air France-KLM. Ce montage ne serait pas que capitalistique. Il permettrait aux deux groupes d'allier leurs forces face aux géants de l'internet devenus incontournables dans l'univers du transport et du tourisme.

Le 20 mai, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire avait écarté une sortie de l'État de la compagnie, qui est à la recherche d'un nouveau PDG depuis la démission début mai de Jean-Marc Janaillac.

Ce dernier a jeté l'éponge après le rejet de sa proposition de revalorisation salariale par 55% des salariés. Il espérait en s'adressant directement aux employés mettre un terme à la crise sociale née de revendications salariales. Quinze jours de grève cumulés ont coûté au moins 300 millions d'euros au groupe.

En attendant, une gouvernance transitoire a été mise en place le 15 mai avec l'ancienne ministre Anne-Marie Couderc comme présidente non-exécutive, appuyée par un comité de direction collégial.

N.G. avec AFP