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A Paris, faites-vous payer pour recharger des trottinettes électriques

Les trottinettes en libre-service Lime vont être déployées à Paris vendredi.

Les trottinettes en libre-service Lime vont être déployées à Paris vendredi. - Lime

L’entreprise américaine Lime, qui a déployé plusieurs centaines de trottinettes électriques dans la capitale, met les particuliers à contribution pour charger et déployer ses engins, contre une rétribution.

Un nouveau job vient d’apparaître à Paris, chasseur de trottinettes. L’entreprise américaine Lime cherche à se constituer un réseau de particuliers, baptisés “juicers”, chargés de récupérer ses trottinettes électriques, de les recharger et de les redéployer dans la capitale.

La seule contrainte, posséder un numéro Siret ou Siren. Après une inscription en ligne, un questionnaire puis une session d’information auprès de l’entreprise, les "juicers" peuvent se mettre en quête de trottinettes, en les localisant sur une application.

“Ils vont voir toutes les trottinettes qui ont besoin d’être rechargées et sur toutes ces trottinettes, il y aura un montant d’indiqué, entre 5 et 20 euros selon le niveau d’urgence et la difficulté pour retrouver ces trottinettes”, explique Arthurs-Louis Jacquier, directeur général de Lime France. 

Ces trottinettes peuvent aussi bien se trouver dans la rue que dans des cours d’immeubles, quand des utilisateurs indélicats les ont privatisées, l’un des problèmes rencontrés par les entreprises qui proposent des vélos ou trottinettes sans borne. Le "juicer" a la possibilité de faire sonner l'alarme de la trottinette pour la retrouver plus facilement. 

Une limite à 12 trottinettes par jour

Une fois les trottinettes récupérées, il doit les recharger sur son réseau électrique et les redéployer en les transportant par ses propres moyens avant 7 heures du matin, dans des endroits stratégiques définis, identifiés comme ayant de la demande.

“Ils travaillent comme ils veulent, à l’intensité qu’ils veulent. Si c’est un étudiant qui désire simplement se faire un peu d’argent de poche en prenant trois trottinettes de temps en temps, il peut le faire. Si une personne souhaite payer ses vacances et le faire de manière assez intense, elle peut aussi”, poursuit le patron de Lime.

Les juicers ont toutefois pour seule limite 12 trottinettes par jour. “Notre objectif, c’est que ça reste un complément de revenu, pas un job à plein temps”, poursuit Arthur-Louis Jacquier. Bird, un autre service de trottinettes électriques arrivé début août à Paris compte aussi s'appuyer sur un réseau de chargeurs rémunérés du même type.

Un système utilisé dans une soixantaine de villes

Pour autant, les juicers ne deviennent pas les seuls manutentionnaires de Lime, qui conserve un service dédié à l’entretien ou à la réparation des trottinettes. Mais l’entreprise y trouve son compte, notamment en ne supportant pas le coût social des "juicers" ou l’intégralité de la logistique.

“Evidemment on a trouvé un accord qui fonctionne pour tout le monde, on doit faire tourner notre société. L’idée, c’est de proposer un prix qui est juste et qui nous nous permette d’éviter d’avoir trop de camions par exemple”, ajoute-t-il.

Lime compte aussi sur ce système pour offrir une meilleure réactivité à ses usagers. L'entreprise, surtout présente aux Etats-Unis, mais aussi en Allemagne ou en Espagne, utilise de la même façon ces réseaux de "juicers" dans une soixantaine de villes. 

Carole Blanchard