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Uber interdit à Marseille?

Uber sera-t-elle la seule société de VTC à ne plus pouvoir travailler à Marseille?

Uber sera-t-elle la seule société de VTC à ne plus pouvoir travailler à Marseille? - Gérard Julien - AFP

La préfecture des Bouches-du-Rhône a annoncé l’interdiction mardi 20 octobre de l'application UberX. Cet arrêté ne concerne que cette entreprise, et pas l’activité de VTC.

La décision de la préfecture de police des Bouches-du-Rhône en a laissé plus d’un sans voix. Comme l’a révélé La Tribune ce matin, celle-ci vient d’interdire l'application de mise en relation des chauffeurs de VTC et leurs clients.

Selon l’arrêté préfectoral, "l'activité de transport routier à titre onéreux effectuée par des conducteurs ne remplissant pas les conditions réglementaires, organisée par la société Uber France SAS, ou ses intermédiaires, au moyen de l'application pour mobile UberX, est interdite à la Gare SNCF St Charles, au Grand Port Maritime de Marseille, au centre-ville de Marseille, délimité par les arrondissements suivants: 13001, 13002, 13003, 13004, 13005, 13006, 13007, 13008, 13009, 13010, 13011, 13012, à l'aéroport de Marseille Provence, et à la gare SNCF d'Aix-en-Provence TGV".

Bref, les chauffeurs travaillant pour cette compagnie de VTC, et à priori elle seule, ne peuvent plus travailler dans la majeure partie de la cité phocéenne. Il ne leur reste donc que les quatre arrondissements des quartiers Nord (13, 14, 15 et 16e arrondissements).

Selon l'arrêté, la décision ne vise pas l’activité des VTC dans son ensemble, mais uniquement Uber. Hors l'Américain, la ville compte déjà plus d'une vingtaine de compagnies de VTC.

Eviter des "troubles graves à l'ordre public"

Pour Uber, qui dit avoir appris cette décision dans la presse, cet arrêté est incompréhensible. "A Marseille, comme partout en France, les chauffeurs utilisant notre application sont des professionnels, munis d’une autorisation administrative délivrée par les services de la même préfecture qui leur interdirait aujourd’hui d’exercer leur activité par l’intermédiaire de l’application Uber. Des échanges sont en cours avec le Gouvernement afin d’analyser le sens et la portée de cet arrêté" a réagi un porte-parole d'Uber.

De son côté, la préfecture de police n'est pas joignable depuis ce matin. Selon 20 Minutes, cette décision viserait la "maraude éléctronique", "à laquelle s’adonneraient irrégulièrement certains chauffeurs". Dans l'arrêté préfectoral, les autorités estiment que l’application Uber permet "d’informer un client, à la fois de la localisation et de la disponibilité d’un véhicule". Cet usage, réservé aux taxis, est illégal pour les VTC.

Pour les autorités, "de nouveaux troubles graves à l'ordre public sont à craindre". En juillet dernier, à Marseille, des incidents parfois violents ont opposé les chauffeurs de taxis aux équipes d'Uber.

La fronde contre le groupe américain est très forte à Marseille depuis le début du conflit avec les taxis. Comme le rappelle La Tribune, Alexandre Droulers, le directeur de la stratégie d'Uber France, aurait même été empêché de participer à la première édition du salon des entrepreneurs qui s’est tenu la semaine dernière dans la cité phocéenne.

Uber va-t-il être banni d’une ville en restant autorisé dans le reste de la France? Ce nouvel épisode ne fait que commencer.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco