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Sur smartphone, les applications Apple sont distancées par Facebook et Google

Parmi les applications Apple qui ne sont pas livrées préinstallées sur iPhone, les mobinautes passent du temps à lire des livres et des magazines, à écouter de la musique, et sur les applications des moteurs de recherche.

Parmi les applications Apple qui ne sont pas livrées préinstallées sur iPhone, les mobinautes passent du temps à lire des livres et des magazines, à écouter de la musique, et sur les applications des moteurs de recherche. - Gabriel Bouys - AFP

Une étude de Forrester dévoile que les utilisateurs de smartphone ignorent les services d’Apple pour lesquels ils ne consacrent que 3% de leur temps quand Facebook et Google les tiennent en haleine quatre fois plus.

Avec la fin du PC, la guerre de la mobilité démarre en force. La stratégie des éditeurs est de créer des services qui vont tellement plaire au public qu’ils passeront le plus clair de leur temps dessus. Et ainsi, les annonceurs privilégieront les applications les plus fréquentées.

A ce jeu là, Apple n’est pas dans la meilleure position. Selon le rapport "Mobile Platforms, Partners, And Power" réalisée par Julie Ask, analyste pour le cabinet Forrester, sur les usages des utilisateurs de smartphones, les applis du créateur de l’iPhone ne représente que 3% du temps passé. Il arrive à égalité avec Amazon, et dépasse Yahoo d’un point et Microsoft de deux. Cette étude a été réalisée aux Etats-Unis auprès de 1.700 mobinautes.

Les grands gagnants de la mobilité sont Facebook avec 13% du temps passé et Google qui atteint 12%. Le premier capte les clients avec son réseau social qui se transforme peu à peu en un écosystème. Quant à Google, c’est grâce à son moteur de recherche et aux vidéos de sa filiale YouTube qu’il fidélise les mobinautes. "Parmi les applications Apple qui ne sont pas livrées pré-installées sur iPhone, les mobinautes passent du temps à lire des livres et des magazines, à écouter de la musique, et sur les applications des moteurs de recherche", précise l’auteure du rapport.

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- © Forrester

Apple s’active pour rattraper ce retard. Il a d’abord multiplié les terminaux sans rendre obsolètes les anciens modèles afin d’agrandir son parc face à Android qui capte plus de 80% du marché (15% pour Apple) et sur lequel les applis natives d’Apple, notamment iTunes, ne sont pas présentes.

L’autre levier a été son entrée fracassante sur le marché chinois qui lui a permis de vendre plus de 135 millions d’appareils entre fin 2014 et début 2015.

Streaming Musical : la réplique d'Apple pour revenir dans le peloton

Mais, l’arme avec laquelle il compte refaire son retard c'est Apple Music, l’appli qui regroupe en plus du service de streaming, iTunes, la radio Beats1 et le réseau social Connect. Ce dernier est déjà disponible sur les iPhone et le sera en octobre sur Google Play en version Android. L’enjeu est énorme puisque selon une étude américaine révélée par le site The Verge, les mobinautes passent chaque jour, 40 minutes à écouter de la musique depuis une appli de streaming. Et désormais, ces minutes valent de l’or comme le note l’analyste de Forrester.

"Les applications mobiles valent des millions, note Julie Ask. Les plateformes valent elles des milliards. Si vous souhaitez gagner de l’argent, développez une plateforme avant-gardiste". Et c’est bien ce que tente de faire Apple désormais.

Le pari est-il gagné d’avance? Rien n’est moins sûr. Facebook ne cèdera pas sa place facilement. A peine Apple Music lancé que Mark Zuckerberg laisse entendre qu’il songe lui aussi à se lancer sur le streaming musical. Le jeune dirigeant ne précise pas quelle est la part du mobile dans son activité mais il répète fréquemment que c'est sa principale piste de développement. Ainsi, Facebook aura réussi à devenir le maître de la mobilité, sans vendre de smartphone ni développer d’OS ou de navigateur.

Pascal Samama