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RoboCup 2018: les robots footballeurs français remettent leur titre en jeu

VIDÉO - L'édition 2018 de la RoboCup se déroulera du 16 au 22 juin à Montréal. Double championne du monde, la France fait figure de favorite.

Le 16 juin prochain, les yeux des fans de football seront rivés sur le premier match des Bleus qui débuteront leur Coupe du monde en Russie. Au même moment, une autre compétition, bien moins médiatisée, se jouera à des milliers de kilomètres de là: la RoboCup.

Créée en 1997, cette compétition de football qui voit s’affronter des robots se déroulera cette année à Montréal du 16 au 22 juin. Avec dans l’esprit de chaque participant la volonté de poursuivre la mission initiale de cet événement annuel: constituer une équipe de robots capable de gagner contre les champions du monde de football humain d’ici 2050.

Si la prouesse est encore loin d’être accomplie, les matches opposant la vingtaine d’équipes participantes valent le coup d’œil. D’autant que l’équipe Rhoban, qui représente la France, remet son titre en jeu après avoir remporté le titre en 2017 et 2016.

Des robots autonomes

Pour renouveler l’exploit, les chercheurs du Laboratoire bordelais de recherche en informatique qui dirigent l’équipe Rhoban s’entraînent dans les locaux du Fablab de l’Inserm à Bordeaux. C’est ici qu’ils mettent au point des robots humanoïdes autonomes programmés pour jouer au football. Une fois sur le terrain, ces derniers sont livrés à eux-mêmes. Ils sont ainsi capables de se déplacer, de se relever, de tirer dans le ballon, et de prendre des décisions sans intervention simultanée de l’homme.

Particularité unique: les robots français disposent de capteurs de pression sous les pieds qui renforcent l’équilibre. Par ailleurs, l’autonomie des humanoïdes est d’environ 40 minutes grâce à l’utilisation de nouvelles batteries, soit un temps suffisant pour jouer deux matches de suite (un match dure deux fois dix minutes).

Des arbitres pour attribuer des cartons rouges

À Montréal, les robots s’affronteront sur des terrains de 9 mètres sur 6. Chaque équipe se compose de quatre joueurs, dont un gardien, capables de se répartir les rôles en fonction de la stratégie programmée par leurs créateurs. L’an passé, l’équipe Rhoban avait marqué 41 buts (dont deux contre son camp à cause d'un bug) tout au long d ela compétition et avait fini par s’imposer en finale sur le score de 4-0 face à l’équipe chinoise des Zju Dancers.

Comme dans un vrai match de football, les arbitres sont autorisés à sortir des cartons rouges en cas de faute (un robot en percute un autre), auquel cas un "handler", seule personne autorisée à prendre le robot dans ses mains, intervient pour récupérer le fautif et le sortir du terrain.

Plusieurs épreuves

Au fil des années, la compétition est déclinée en plusieurs ligues: les robots humanoïdes (à laquelle fait partie les chercheurs français) conçus par les participants avec trois ligues suivant la taille des robots, les robots humanoïdes standards (NAO), les robots à comportements centralisés et les robots à roues à comportements distribués.

Bien que le football soit l’épreuve historique, de nouvelles disciplines se sont greffées à cette prestigieuse compétition qui se veut avant tout scientifique. Parmi elles, la ligue "Rescue" dans laquelle les robots doivent sauver des personnes sur un site de catastrophe reconstitué, la ligue "Home" qui rassemble des robots "compagnons" capables d’interagir avec l’utilisateur, d’effectuer des tâches ménagères…, la ligue "Work" consacrée à la robotique industrielle, la ligue "Logistic" où les participants explorent les concepts d’usine modulaire et mobile, et la ligue Amazon Pick Up challenge qui est également une épreuve de robotique industrielle.

Pour l’édition 2018, 4000 personnes et 5000 robots venus de 35 pays différents sont attendus à Montréal. Pour l’équipe de Rhoban menée par le chercheur Olivier Ly, l’enjeu est double. En effet, Bordeaux est candidate à l’organisation de la RoboCup en 2020. La décision finale sera rendue le 19 juin prochain.

Paul Louis