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Rien ne va plus entre la Turquie et PayPal

Le service bancaire en ligne conseille à ses clients turcs de virer au plus vite les fonds qu’ils possèdent sur une banque nationale du pays.

Le service bancaire en ligne conseille à ses clients turcs de virer au plus vite les fonds qu’ils possèdent sur une banque nationale du pays. - Turkish Presidential Press Office/Kayhan Ozer - AFP

"PayPal n’a pas obtenu du gouvernement le renouvellement de sa licence pour opérer dans le pays. Ankara exigeait de pouvoir accéder aux données de ses clients turcs. Le groupe américain a préféré suspendre son service."

Entre le gouvernement turc est les géants du Net, les choses se corsent. PayPal vient d’annoncer sa décision de fermer ses services le 6 juin dans le pays. Dans un communiqué, le groupe américain explique qu’elle n’a pas réussi à convaincre le régulateur à renouveler sa licence d’opération pour poursuivre son activité financière.

Pour l’obtenir, c’est très simple. Il aurait suffi que PayPal se plie à une nouvelle loi turque qui impose aux plateformes de stocker les données de ses citoyens en Turquie. L’américain préfère quitter ce marché plutôt que de se plier au Gouvernement. Pour autant, le site n’a pas définitivement claqué la porte. Dans un communiqué, il annonce que les négociations se poursuivent avec les autorités pour trouver une issue à ce conflit. En attendant, il conseille à ses clients turcs de transférer au plus vite les fonds qu’ils possèdent vers un établissement bancaire national du pays.

Quand Erdogan bloque les réseaux sociaux

Si pour PayPal cette aventure est une première, le gouvernement Erdogan est réputé pour mener la vie dure aux services numériques américains. Google, YouTube, Facebook et Twitter en font régulièrement l’expérience avec des coupures devenues systématiques après des attentats ou lorsque des scandales mêlant des membres du gouvernement sont révélés par la presse.

En 2014, une affaire d’un genre très particulier a opposé Google à Ankara. Sur son blog, l’Américain a accusé les autorités turques d’intercepter les recherches des internautes pour les diriger vers d’autres sites. La même année, l’administration a bloqué Twitter et YouTube pour ne pas permettre à la population de s’informer et de commenter des enregistrements qui mettaient en cause Recep Tayyip Erdogan, dans un scandale de corruption.

Facebook n’est pas épargné. Son dernier blocage dans le pays remonte à avril 2015 et avec lui, 166 sites Internet ont été interrompus pour les empêcher de diffuser des informations sur l’assassinat d’un procureur.

Pascal Samama