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Prism pourrait coûter 31 milliards de dollars aux géants du web

Le datacenter de Bing, le moteur de recherche de Microsoft.

Le datacenter de Bing, le moteur de recherche de Microsoft. - -

Une étude de l’Information Technology and Innovation Foundation (Itif) parue ce lundi 12 août estime que la défiance envers les sociétés qui ont aidé Washington à surveiller le web pourrait leur coûter cher.

31 milliards de dollars. C'est le tribut que pourraient payer Google, Apple, Microsoft, Facebook et les autres pour leur implication dans le scandale Prism, selon une étude publiée ce mardi par l’Information Technology and Innovation Foundation (Itif), un think tank outre-Atlantique.

Sur les trois prochaines années, le manque à gagner pour les leaders américains du stockage de données se chiffrerait entre 22 et 35 milliards de dollars. Et leur part de marché à l'international pourrait se réduire de 10 à 20% dans les prochaines années.

Le scandale, né de la révélation par un ex-collaborateur des services secrets américain d'une surveillance généralisée du web par Washington, avec la coopération bienveillante de ces géants d'internet, aurait entaché leur image.

45% de hausse d'activité pour une entreprise de cloud suisse

Le problème, note l'étude, est que le défi de ces acteurs, actuellement leader de cette activité naissante qu'est le "cloud", la conservation (normalement) sécurisée des données numériques, n'est pas de retenir des clients existant, mais d'en attirer de nouveaux.

Désormais, ces consommateurs, tout particulièrement hors des USA, se tourneraient de préférence vers des fournisseurs européens ou asiatiques. Un retournement qui semble avoir déjà commencé: Artmotion, la plus grande entreprise suisse de "cloud", a annoncé une hausse de son activité de 45% en juin, juste après l'éclatement du scandale.

10% des sondés annulent leur projet avec un géant américain

Pour arriver à ces résultats, les enquêteurs de l'Itif ont sondé des professionnels dans les jours suivant les fuites sur le programme de surveillance américain. 56% d'entre eux déclaraient qu'ils auraient du mal à l'avenir à faire confiance à un fournisseur américain de stockage de données, et 10% d'entre eux indiquaient avoir annulé un projet de "cloud" avec une société américaine.

Les auteurs du rapport anticipent d'ailleurs un éventuel regain de protectionnisme des Etats qui pourraient empêcher les entreprises nationales de collaborer avec ces géants. Déjà, 36% des professionnels américains du secteur ont assuré à l'Itif que l'affaire Prism avait rendu leurs affaires en dehors des Etats-Unis "difficiles".

Nina Godart