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Pourquoi les start-up ont intérêt à s'installer à Paris plutôt qu'à Londres 

La Ruche, l'un des plus célèbres espaces de coworking à Paris

La Ruche, l'un des plus célèbres espaces de coworking à Paris - Pierre Andrieu - AFP

Selon une étude réalisée par le cabinet Knight Frank et publiée ce mercredi 5 octobre, le coût de location d'un bureau pour une start-up de quatre associés est bien moins élevé à Paris qu'à Londres ou New York.

Voilà un classement qui risque de ravir Axelle Lemaire, la secrétaire d'État au Numérique qui n'a de cesse de promouvoir les start-up tricolores. Le cabinet Knight Frank a, dans une étude publiée ce mercredi 5 octobre, établi la liste des villes où le coût de l'immobilier est le plus élevé pour les "jeunes pousses", comme on le dit en français. Pour cela, Knight Frank a pris le loyer d'un bureau où quatre postes de travail peuvent être installés et l'a comparé dans 20 villes.

Des quartiers "créatifs" spécifiques à chaque métropole ont été retenus. Par exemple, à Paris, l'étude s'est basée sur le coût d'un bail dans les 1er, 2e et 9e arrondissements de Paris, soit le quartier surnommé "la cité financière" pour avoir abrité le siège des grands groupes bancaires au XIXe siècle.

Paris moins chère que Londres

"Les start-up cherchent à recruter des profils jeunes, qui ont des compétences uniques. Or ces jeunes demandent une grande souplesse dans leurs horaires de travail qui n'ont souvent rien à voir avec une journée de bureau, de 8h à 19h. Plutôt que des quartiers d'affaires, ces talents recherchent des lieux plus mixtes, qui leur correspondent, avec des possibilités de sorties. Ces jeunes profils vivent bien souvent dans l'Est de Paris et recherchent des lieux de travail centraux, accessibles en transports en commun ou à vélo. On est assez loin de la Défense", résume Cyril Robert, directeur du département études et recherche chez Knight Frank. En outre le bail y est moins coûteux qu'à la Défense ou du côté des Champs-Élysées.

Au final, Paris se révèle bien moins chère que Londres, New York et San Francisco. Le coût annuel de la location d'un bureau pour quatre associés s'y élève à 51.498 euros par an, contre 59.815 euros pour la capitale anglaise, 56.258 euros pour New York et 55.323 euros pour San Francisco.

L'économie du co-working

"Paris est compétitive. Par rapport à Londres, l'écart est de presque 10.000 dollars (8.000 euros, ndlr). C'est donc un atout incontestable qui vient compenser des éléments moins favorables, comme la fiscalité qui est plus avantageuse outre-Manche. Ce que vous ne payez pas en immobilier vous le faites en impôt. On peut ainsi penser qu'il s'agit d'un jeu à somme nulle. Néanmoins, lorsque vous êtes une jeune entreprise, vous bénéficiez souvent d'une fiscalité allégée. Il y a donc peut-être plus d'intérêt à aller à Paris, du moins au début", développe Cyril Robert.

Ce n'est pas tout: au-delà du coût de l'immobilier, Knight Frank s'est aussi amusé à comparer l'économie qu'une start-up peut réaliser en choisissant de faire travailler ses collaborateurs dans un espace de coworking, plutôt que de louer un bureau. À Paris, une jeune pousse peut ainsi économiser 63% du montant du bail qu'elle paierait pour un bureau. Seules quatre métropoles sur les 20 étudiées font mieux que la capitale française: Washington (63,1%), Sydney (64,4%), Pékin (74%) et Melbourne (79%).

Un dynamisme fort à Paris

Évidemment le service n'est pas le même. "Il y a évidemment moins d'espaces privatifs. C'est un peu comme si vous optiez pour une auberge de jeunesse plutôt qu'un appartement loué sur Airbnb. Mais ce type d'espaces convient aux jeunes entreprises qui recherchent l'échange, le partage de compétences et l'enrichissement mutuel avec les autres locataires", détaille Cyril Robert.

Un bon choix, du moins au début. Une fois franchi le cap des 30-40 salariés, l'entreprise doit passer au stade de l'âge adulte et fédérer ses salariés autour d'un projet plutôt que de favoriser l'échange avec les autres sociétés. C'est ainsi que BlaBlaCar a récemment investi l'immeuble #cloud, dans le IIe arrondissement, s'offrant ainsi un espace de travail de 10.000 m².

Mais au-delà de l'immobilier à proprement parler, Cyril Robert considère que Paris fait désormais partie des villes incontournables pour les start-up. "Il y a véritablement une dynamique en matière de start-up à l'échelle française et au niveau parisien. Notamment grâce à un écosystème qui est devenu de plus en plus visible avec des initiatives publiques et, plus récemment, privées". Le directeur des études de Knight Frank cite le Cargo, le grand incubateur lancé par la mairie de Paris fin 2015 mais aussi "la station F", le grand projet de Xavier Niel, dont l'ouverture est programmée pour début 2017. "Il s'agira alors du plus grande espace d'accueil de start-up au monde. Si ce genre de projet aboutit, c'est qu'il y a la demande derrière", juge Cyril Robert.