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Pourquoi la 4G se fait attendre dans tous les métros en France

A Paris, après plusieurs années de discussion, les opérateurs télécoms et la RATP ont promis d'accélérer sur la couverture 4G, face à la demande de plus en plus pressante des usagers.

A Paris, après plusieurs années de discussion, les opérateurs télécoms et la RATP ont promis d'accélérer sur la couverture 4G, face à la demande de plus en plus pressante des usagers. - Miguel Medina-AFP

Alors que la RATP peine à réaliser la couverture totale en réseau 3G/4G de son métro d'ici fin 2017, les métros des grands métropoles régionales tentent aussi de rattraper leur retard comme à Toulouse et Rennes. Quant à Lille, Lyon et Marseille, la 4G sous terre n'est pas pour demain.

Ecouter de la musique, jouer ou lire des articles sur son smartphone: des usages encore compliqués dans le métro en France faute de couverture souterraine en 3G et 4G.

À Paris, après plusieurs années de discussion, les opérateurs télécoms et la RATP ont promis d'accélérer sur cette problématique, face à la demande de plus en plus pressante des usagers. "Il est important pour les opérateurs de se créer des avantages concurrentiels sur des points sensibles. Le métro fait partie des éléments générateurs d'insatisfaction pour les abonnés, c'est donc important notamment en terme de perception", explique Thomas Coudry, analyste télécoms chez Brian, Garnier & Co.

L'été dernier, la régie avait rappelé son objectif d'arriver à une couverture totale à la fin 2017. Il reste cependant beaucoup à faire: selon une enquête réalisée par 01net.com (groupe Nextradiotv), moins de 40% des stations et 30% des tunnels sont couverts avec de la 4G, en prenant en compte les stations aériennes qui n'ont pas besoin de travaux.

L'objectif sera bien atteint, assure la RATP, qui revendique être le "premier réseau historique à proposer ces technologies sur l'ensemble du réseau" fin 2017.

La RATP rencontre des difficultés techniques notables

L'installation est directement assurée par la régie, qui en souligne la difficulté: une fenêtre de travaux restreinte aux seules heures de fermeture, période durant laquelle la maintenance du réseau ferré est également assurée. Autre problème, la chaleur générée par les équipements des opérateurs est difficile à dissiper dans des locaux exigus et construits à une époque où la téléphonie mobile n'existait pas.

"Pour une douzaine de stations, la 4G a été suspendue, à cause de la problématique de dissipation de la chaleur dans les locaux techniques mis à disposition des opérateurs", explique l'un d'entre eux. La RATP reconnaît le "défi industriel" représenté par ces travaux, dans un réseau "centenaire dont les locaux n'ont pas été prévus à la base pour ces nouveaux usages", mais reste optimiste quant à sa capacité à assurer la couverture à la date prévue.

Les métros de Rennes et Toulouse plus avancés en région

Dans les autres grandes villes, qui disposent d'un réseau métropolitain plus récent qu'à Paris, l'arrivée de l'internet mobile est une promesse à échéance variable. "Les infrastructures au sens large sont un élément de compétitivité et d'attractivité pour les métropoles. Un métro connecté n'est pas déterminant mais contribue à cette attractivité", rappelle M. Coudry.

Les plus avancés, Rennes (qui n'a qu'une ligne de métro ouvert) et Toulouse, prévoient une couverture internet mobile avant la fin de 2017, chacune espérant être la première à proposer un métro connecté.

Rennes a choisi TDF pour déployer la 4G sous terre

La signature en décembre 2017 de la convention entre Toulouse Métropole et les opérateurs prévoit que ces derniers travaillent ensemble à la couverture du métro, en collaboration avec Zefil, le réseau numérique de la métropole.

Dans les faits, Tisseo, la régie des transports toulousains aura la charge de l'installation du réseau, les quatre opérateurs, co-investisseurs, venant ensuite brancher leurs équipements dessus pour fournir le service.

Rennes Métropole a pour sa part préféré travailler avec une entreprise habituée à ce type de chantier, l'opérateur d'antennes TDF, qui réalise les travaux et devrait offrir la 4G cet été sur la première ligne de métro et en 2020 sur la seconde, lors de son ouverture.

Lyon n'a pas désigné d'opérateurs télécoms pour le métro

Les transports pour le Rhône et l'agglomération lyonnaise (Sytral), en charge de quatre lignes du métro, n'a toujours pas désigné d'opérateur télécoms pour l'installation du réseau mais espère annoncer la date de couverture durant l'été.

Même chose à Lille où l'opérateur chargé de la réalisation du réseau ne sera désigné que le mois prochain.

Seule exception parmi les grandes métropoles: Marseille n'a toujours pas prévu de couverture pour son métro, même si les réflexions sont "en cours".

F.B avec AFP