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Pour Orange, la fin du téléphone fixe classique débutera dès 2017

Pour Orange, son réseau téléphonique historique va être remis en cause d'ici quelques années. En effet, les équipements et composants spécifiques à ce réseau deviennent obsolètes.

Pour Orange, son réseau téléphonique historique va être remis en cause d'ici quelques années. En effet, les équipements et composants spécifiques à ce réseau deviennent obsolètes. - France Télécom

L'opérateur testera en 2017 dans 14 communes de Bretagne l'arrêt progressif du téléphone fixe classique au profit d'accès à base de technologies Internet. Orange prépare ses clients à l'extinction définitive du service par grandes zones géographiques, à partir de 2021.

Chronique d'une mort annoncée: Orange veut tester sans tarder en grandeur nature l'extinction programmée du service téléphonique fixe traditionnel. Dans le cadre de la modernisation de ses réseaux, Orange a prévu d'arrêter la téléphonie classique dont les infrastructures techniques, vieilles de 30 à 40 ans selon les zones, deviennent obsolètes et coûteuses à maintenir.

L'opérateur étant tenu d'annoncer au moins 5 ans à l'avance l'arrêt technique de son service téléphonique de base sur une quelconque partie du territoire, il a décidé de lancer dès 2016 en Bretagne ce chantier d'ampleur nationale.

L'enjeu pour Orange consiste à débrancher progressivement sur toute la France 10,6 millions de "vieilles" lignes en service (fin 2015) contre 23,8 millions de lignes ADSL par lesquelles, via une box d'opérateur, passent les trafics liés à la voix, le web et la télévision.

Le réseau de cuivre d'Orange, utilisé par l'ADSL, est appelé à durer plus longtemps

Cette extinction annoncée ne concerne pas le réseau d'accès en cuivre même si Orange teste aussi le remplacement complet de son réseau en cuivre par la fibre optique, sur toute la ville de Palaiseau en Ile-de-France (cf encadré ci-dessous). Partout ailleurs, son réseau de cuivre sert encore de base aux 23,8 millions de lignes ADSL.

Dès 2017, les clients résidentiels et professionnels de quatorze communes de Bretagne dont Concarneau et Fouesnant, vont se voir proposer, pour ceux qui disposent encore d'un téléphone fixe classique, de basculer vers le téléphone numérique à la sauce Internet.

Orange veut fermer 100.000 lignes téléphoniques fixes par an à partir de 2021

Ces tests seront, selon Orange, "l’opportunité pour les opérateurs d’expliquer cette évolution du réseau à toutes les parties prenantes". Cette phase durera deux ans à partir de 2017. Les entreprises de la zone retenue pour cette expérimentation se verront proposer dès 2018 des lignes multiples spécifiques en technologies Internet pour écouler le trafic vocal entrant et sortant.

La date de l'arrêt complet du téléphone fixe traditionnel pour tous les clients de la zone bretonne retenue sera fixée ultérieurement, probablement entre 2019 et 2021, puisque l'opérateur doit respecter un préavis de 5 ans avant toute fermeture de ce service.

Les fermetures techniques du service, à l'échelle de grandes plaques géographiques, interviendront au plus tôt en 2021. À partir de cette échéance, selon ses projections remises à l'Arcep, Orange veut fermer 150.000 lignes téléphoniques fixes traditionnelles par an.

À Palaiseau, Orange débranche presque tous ses câbles de cuivre sauf pour les ascenseurs

La disparition du câble de cuivre téléphonique au profit des réseaux en fibre optique est expérimentée sur la commune de Palaiseau depuis juillet 2012. Ce passage suppose que les abonnés au service téléphonique traditionnel s'équipent en pratique d’une box Internet raccordée sur la fibre optique. Mais la disparition conjointe du réseau de cuivre et du service téléphonique traditionnel n'est pas sans poser de problèmes. Orange a ainsi renoncé à inclure les systèmes d’alarme d’ascenseur dans l’expérimentation du passage à la fibre optique en raison de la complexité technique de la mise en place d’une solution répondant au cahier des charges de telles installations, sur la fibre optique.

Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé Journaliste BFM Éco