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Obama appelle les entreprises à aider l'Amérique à coloniser Mars

Pour ce projet, le gouvernement s’appuiera sur des entreprises américaines. Elles sont déjà plus d’un millier à travailler avec le gouvernement.

Pour ce projet, le gouvernement s’appuiera sur des entreprises américaines. Elles sont déjà plus d’un millier à travailler avec le gouvernement. - Mark Makela - Getty Images North America/AFP

Dans une tribune publiée sur CNN, le président américain a dévoilé son intention d'ouvrir la conquête de Mars aux entreprises. Obama veut que les vols privés démarrent dès 2018 pour installer les premières colonies humaines en 2030.

Elon Musk a-t-il contaminé Barack Obama avec ses rêves spatiaux? Possible, comme le montre la tribune publiée sur CNN par le président des États-Unis. Dans cette nouvelle chronique martienne, il dévoile sa volonté de se lancer dans la conquête de Mars en s’appuyant sur des entreprises privées. Mais, pour présenter ce projet scientifico-économico-industriel, Obama a préféré, comme le patron de SpaceX, jouer sur l’émotion.

"Dans mes premiers souvenirs, je suis sur les épaules de mon grand-père, en agitant un drapeau américain lorsque nos astronautes sont revenus à Hawaii. J’ai gardé le même émerveillement pour notre programme spatial que j’ai conçu avec mon regard d’enfant". Une entrée en matière destinée à dévoiler comment les USA comptent s’y prendre pour faire un jour de Mars le 51e état américain et le 1er sur une autre planète.

Il ne s’agit pas d’attendre un siècle. Le Président américain voudrait que les premières colonies humaines puissent s’installer en 2030 et pour préparer cet exode, il souhaiterait que les vols privés ouvrent en 2018, soit dans une quinzaine de mois. De son côté, Elon Musk a annoncé lors du 67e Congrès international d'astronautique, que SpaceX enverrait les premiers vaisseaux de test dès 2018, et les premiers vols habités, sans billet retour, dès 2024.

Une coopération de la NASA avec les innovateurs privés

Pour lancer ce programme, Barack Obama annonce qu’il rencontrera cette semaine des scientifiques, des ingénieurs et des étudiants pour que ce rêve devienne une réalité. Et pour cela, le gouvernement s’appuiera sur des entreprises américaines qui seraient déjà plus d’un millier à plancher sur la conquête spatiale.

L’idée serait donc d’envoyer des hommes et des femmes sur Mars dès 2030, mais aussi de les faire revenir sur Terre en toute sécurité après une "période prolongée". Ce programme "nécessite une coopération continue entre le gouvernement et les innovateurs privés, et nous sommes déjà sur la bonne voie. Au cours des deux prochaines années, les entreprises privées pourront pour la première fois envoyer des astronautes à la Station spatiale internationale."

Ce n’est qu’un début. L'étape suivante va consister "à aller au-delà des limites de l'orbite terrestre". Et, selon Barack Obama, le travail entre le gouvernement américain et les entreprises privées est bien amorcé. "Nous travaillons avec nos partenaires commerciaux pour construire de nouveaux habitats qui peuvent accueillir les astronautes sur des missions de longue durée dans l'espace lointain. Ces missions nous apprendront comment les humains peuvent vivre loin de la Terre - quelque chose dont nous aurons besoin pour nous rendre sur Mars."

La trésorerie des GAFA pour la conquête de Mars

Question budget, Obama ne donne aucun chiffre, même vague. L’opération risque de coûter cher même avec l’intervention des groupes les plus puissants des États-Unis. Il ne cite pas Apple, Google, Microsoft, mais difficile d’imaginer qu’ils ne soient pas de la partie.

Et pour expliquer que le jeu en vaut la chandelle, il rappelle qu’en 1958, le président Eisenhower avait mis les moyens pour créer la NASA (National Aeronautics and Space Administration, en français l'Administration nationale de l'aéronautique et de l'espace).

Aujourd’hui, l’agence dispose d’un budget de 17,8 milliards de dollars, soit un peu moins de 10% de la réserve financière d’Apple qui s’élève à plus de 200 milliards de dollars. 

Mais pour Obama, l’argent n’est pas tout. "Un jour, j'espère hisser mes petits-enfants sur mes épaules pour regarder les étoiles, comme les humains le font depuis la nuit des temps. Mais […] nos explorateurs intrépides n’iront plus dans l’espace pour le visiter, mais pour y rester afin de rendre meilleure notre vie sur Terre." Celle des Américains ou de tous les Terriens?

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco