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Numericable-SFR encore visé par le gendarme de la concurrence

Bouygues se plaint du non-respect des engagements de Numericable-SFR qui déploie des réseaux fibre optique pour lui. L'Autorité de la concurrence enquête pour la troisième fois sur le rachat  de SFR par Numericable.

Après avoir réussi à faire condamner l'Etat sur l'accord d'itinérance mobile entre Free et Orange, Bouygues Telecom s'attaque à Numericable-SFR.

A la suite d'une plainte de la filiale de Bouygues, l'Autorité de la concurrence se saisit d'office afin de vérifier le respect d'engagements pris par Numericable sur le déploiement des réseaux en fibre optique dont il a repris la charge depuis son rachat de SFR, le 30 octobre 2014.

Bouygues Telecom est lié depuis 2010 avec SFR par un accord de co-investissement. Ce dernier déploie des réseaux en fibre optique pour le premier qui participe financièrement à ces travaux.

En terme de calendrier, Numericable devait raccorder le réseau fibre optique "horizontal" déployé par SFR au réseau "vertical" des immeubles (pour desservir les abonnés) dans un délai de deux ans pour les travaux réalisés avant la fusion et dans un délai de 3 mois à partir de la demande de Bouygues Telecom, pour les travaux réalisés depuis la fusion.

Or, selon Bouygues Télécom, le rythme des raccordements, depuis la fusion entre SFR et Numericable, s'est fortement ralenti "au point de mettre en péril le respect des engagements pris à cette occasion par Numericable".

Bouygues Telecom se voit pénalisé dans sa conquête d'abonnés en fibre optique

Pour Bouygues, qui a prévu d'accélérer sa conquête commerciale dans les réseaux haut débit fixes ADSL et fibre optique, ce ralentissement des raccordement d'abonnés en fibre optique, s'il est avéré, tombe très mal.

Alerté par Bouygues, le gendarme de la concurrence va vérifier le respect de ces engagements. Il précise que "cette décision ne préjuge en rien des suites qui pourraient être données par l'Autorité, en fonction des pouvoirs que lui donnent les textes en matière de contrôle des concentrations".

C'est la deuxième fois que l'Autorité de la concurrence s'autosaisit sur les conséquences de la fusion entre Numericable et SFR, depuis qu'elle a été réalisée, le 30 octobre 2014.

L'Autorité de la concurrence a déjà fait plier Numericable

A la suite cette autosaisine, Numericable fut contraint, en février 2015, d'annuler les hausses de prix des abonnements mobiles qu'il avait appliquées aux tarifs de sa filiale Outremer Telecom à La Réunion et à Mayotte, alors en cours de cession, ce qui aurait pu "altérer" la dynamique cette activité pour le futur repreneur.

Mais c'est la troisième fois que l'Autorité de la concurrence enquête sur les conséquences de la fusion entre Numericable et SFR. En avril 2015, les bureaux du siège du nouvel ensemble avaient été placés sous scellés en raison de soupçons de négociations et d'arrangements sur les futures offres télécoms qui seraient intervenus avant d'obtenir le feu vert définitif à la fusion.

Bouygues Telecom et SFR sont par ailleurs liés par un accord de partage de leurs réseaux mobiles 4G. Chacun effectue l'installation d'antennes-relais pour son compte et celui de son partenaire sur des zones géographiques dont il a la charge.

Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé Journaliste BFM Éco