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Les Français font-il plus leurs courses en ligne le dimanche?

Alors que le débat est vif sur l’ouverture des magasins le dimanche, Internet accueille les clients à toute heure du jour et de la nuit et tous les jours de la semaine, week-end et jours fériés compris.

Alors que le débat est vif sur l’ouverture des magasins le dimanche, Internet accueille les clients à toute heure du jour et de la nuit et tous les jours de la semaine, week-end et jours fériés compris. - DAMIEN MEYER / AFP

L'an passé, les internautes français ont dépensé 57 milliards d'euros sur les sites de e-commerce, soit 11% de plus qu'en 2013. Des achats réalisés tout au long de la semaine, sans pic particulier le dimanche.

La lutte est rude entre les boutiques physiques et le commerce en ligne. Alors que les premiers sont à la peine, au point que les soldes n'arrivent même plus à regonfler leur bilan, le e-commerce continue de gagner des parts de marché. Il représente 9% du commerce de détail hors produits alimentaires, selon le bilan 2014 publié ce 27 janvier par la Fevad (Fédération du e-commerce et de la vente à distance). L’an dernier, le chiffre d’affaires du commerce en ligne a augmenté de 11% par rapport à 2013 pour atteindre un chiffre d’affaires de 57 milliards d’euros. La période la plus vive reste la fin d’année. Entre novembre et décembre, ces achats ont représenté 11,4 milliards d’euros.

Nouveaux acheteurs, nouveaux usages

La fédération remarque surtout que les habitudes d’achats ont changé. Le panier moyen ne cesse de baisser : de 90 euros en 2011, il est désormais à 81 euros, soit une baisse de 10% en trois ans. Si la crise a un rôle dans cette tendance, ce n’est pas l’unique raison. En effet, les internautes ne limitent plus aux achats plaisirs, comme le matériel high-tech ou le prêt-à-porter. Ils passent aussi par leur ordinateur ou leur tablette pour acheter des produits de consommation courante, même de faible valeur. Sur Europe 1, Xavier Court, cofondateur de Vente-Privée, expliquait ce mardi matin que l'une des plus grosses ventes sur son site était désormais celle... des stylos à bille. Et même si les clients les achètent par dizaine, le panier moyen reste à moins de 10 euros.

Les heures d’affluence: de 17h00 à minuit, même le dimanche

L’autre levier qui profite au ecommerce est la possibilité de faire des achats à toute heure du jour et de la nuit et sans tenir compte des week-ends et des jours fériés. Les boutiques physiques entendent bien faire valoir cet argument pour obtenir elles-aussi le droit d'ouvrir le dimanche. Mais les géants du e-commerce tempèrent sur la fréquentation réalisée ce jour-là.

Leur audience est identique aux autres jours de la semaine, comme l’a expliqué Romain Voog, patron d’Amazon France en décembre dernier sur BFMTV. Répondant à Alexandre Bompard, PDG de la Fnac, qui affirmait que le géant mondial réalisait 25% de son activité hebdomadaire le dimanche, M. Voog a nuancé.

"Il y a des pics en soirée, il y a des pics le midi, bien plus importants qu'un quelconque pic le dimanche. Mais, ce n'est pas du tout le plus gros jour de la semaine", a indiqué le patron d'Amazon. Une manière neutre de dire que le dimanche offre une activité équivalente à n’importe quel autre jour de la semaine. Ce qui est loin d’être le cas des boutiques physiques.

Lors de conférence de presse de la Fevad, Carole Delga, secrétaire d'Etat au Commerce, a refusé de mettre en concurrence les boutiques physiques et celle en ligne. "Le développement du e-commerce n'est pas une menace pour le commerce traditionnel. C'est au contraire une opportunité de mettre en avant de nouveaux modes de distribution." Beaucoup l'ont compris et déjà, de nombreux magasins, pas seulement les grandes enseignes, jouent efficacement la carte de l'Internet.

Pascal Samama