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Les États-Unis pénalisent 9 compagnies aériennes de pays à majorité musulmane

Les passagers pourront garder leur smartphone.

Les passagers pourront garder leur smartphone. - StelaDi - Pixabay

Les passagers des compagnies aériennes opérant des vols directs entre les États-Unis et Abu Dhabi, Amman, Doha, Dubaï, Casablanca, Le Caire, Istanbul, Jeddah, Koweït ou Ryad n'auront plus le droit de prendre en cabine des appareils électroniques plus gros qu'un smartphone. Londres a suivi Washington en adoptant une mesure semblable.

Les États-Unis ont décidé d'interdire aux passagers embarquant sur des vols en provenance de huit pays du Moyen-Orient d'embarquer avec des appareils électroniques plus gros qu'un smartphone. Sont concernés une cinquantaine de vols quotidiens au départ de dix aéroports (Abu Dhabi, Amman, Doha, Dubaï, Casablanca, Le Caire, Istanbul, Jeddah, Koweït et Ryad) opérés par les neuf compagnies aériennes suivantes: Royal Jordanian, EgyptAir, Turkish Airlines, Saudi Airlines, Kuwait Airways, Royal Air Maroc, Qatar Airways, Emirates et Etihad Airways.

Ces compagnies disposent de 96 heures (quatre jours) à compter de ce mardi 08h00 (heure de Paris) pour appliquer cette interdiction. Dès ce week-end, leurs passagers devront donc placer dans les bagages qu'ils enregistrent leurs ordinateurs portables, tablettes, consoles de jeux, liseuses, lecteurs de DVD et autres appareils photos n'ayant pas la taille d'un smartphone.

Mardi après-midi, Ankara a demandé à Washington de revenir sur cette interdiction pour les vols de Turkish Airlines vers les États-Unis : "Nous disons qu'il est nécessaire de revenir en arrière ou d'alléger" cette mesure, a déclaré Ahmet Arslan, ministre turc des Transports, évoquant l'impact que cette mesure pourrait avoir sur le confort et le nombre de passagers. 

Londres suit Wahsington

Londres a suivi Washington en interdisant les ordinateurs portables et tablettes en cabine sur les vols de 14 compagnies aériennes en provenance de cinq pays arabes et de Turquie, a indiqué mardi un porte-parole du gouvernement britannique.

La Première ministre a présidé plusieurs réunions lors desquelles a été décidé "d'introduire de nouvelles mesures de sécurité aériennes sur tous les vols directs à destination du Royaume-Uni pour les pays suivants: Turquie, Liban, Jordanie, Egypte, Tunisie et Arabie saoudite", a détaillé ce porte-parole dans un communiqué.

De leur côté, Les autorités françaises étudient le risque éventuel occasionné par certains appareils électroniques dans les cabines d'avions, mais n'ont pas encore pris de décision, a indiqué mardi un porte-parole de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC). "Il y a une analyse du risque qui est en cours par les services compétents en matière de sûreté aérienne, et également des discussions interministérielles en cours qui détermineront si mesures il y a, ou pas", a déclaré à l'AFP ce porte-parole. "Rien n'a été décidé ni arbitré pour ce qui est de la France", a ajouté ce porte-parole.

Saudi Airlines a prévenu ses passagers hier

Saudi Airlines a été la première à passer l'information à ses passagers. Sur son compte officiel Twitter, la compagnie nationale saoudienne les a prévenu que "les ordinateurs portables et les tablettes ne sont pas autorisés sur les vols vers les États-Unis".

Royal Jordanian lui a emboîté le pas précisant, dans un tweet, que "les téléphones cellulaires et les appareils médicaux nécessaires pendant le vol" étaient "exclus de cette interdiction". Ce tweet a ensuite été effacé par la compagnie. Des médias américains ont expliqué que la nouvelle régulation, prise pour des questions de sécurité et de menaces d'attentats, devait rester pour l'instant confidentielle. 

Menace du groupe Al-Qaïda 

Cette interdiction des appareils électroniques plus gros que les smartphones serait liée à une menace provenant du groupe Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), actif au Yémen, a affirmé la chaîne de télévision CNN, citant un responsable américain.

La mesure ne concerne pas les compagnies assurant des liaisons avec correspondance entre les 10 aéroports concernés et les États-Unis. C'est notamment le cas d'Air France, KLM, ou Lufthansa mais aussi d'Etihad ainsi que de compagnies américaines comme Delta ou American Airlines qui assurent ces dessertes grâce à leurs partenaires européens.

D. L. avec AFP