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Les Etats-Unis généralisent la carte à puce 20 ans après la France

Depuis le 1er octobre, les commerçants américains qui n'acceptent pas les cartes bancaires à puce seront tenus pour responsables en cas de fraude.

Depuis le 1er octobre, les commerçants américains qui n'acceptent pas les cartes bancaires à puce seront tenus pour responsables en cas de fraude. - Joe Raedle-Getty Images North America-AFP

A partir du 1er octobre, les commerçants américains ont l'obligation d'accepter les règlements par carte à puce en renonçant progressivement aux pistes magnétiques. Une innovation sécurisant les transactions que la France a adoptée dès les années 1990.

Les Américains vont devoir abandonner leur carte à piste magnétique qu'il suffisait de glisser d'un geste rapide dans le terminal de paiement.

Depuis le 1er octobre 2015, les commerçants sont tenus d'accepter les cartes à puce en s'équipant d'un terminal de paiement compatible. Dans le cas contraire, ceux-ci seront tenus pour coresponsables en cas de fraude à la carte alors qu'avant, les banques seules assumaient financièrement ce risque.

L’objectif avéré de la généralisation de la carte à puce outre-Atlantique est de lutter contre la fraude en sécurisant les moyens de paiement.

Aux États-Unis, les commerçants et les banques avaient conservé la bonne vieille carte bancaire à piste, considérant que le prix à payer pour la sécurité des transactions était trop élevé.

A contario, en France, berceau de la technologie de carte à puce, inventée par Roland Moreno en 1974, les banques ont, dès 1992, débuté la commercialisation des premières cartes à puce.

Aux Etats-Unis, la fraude aux cartes a explosé en 2013-14

Depuis 1996 et l'adoption du standard européen EMV, la France, l'Europe puis le reste du monde développé ont adopté progressivement la puce dans les cartes bancaires, sécurisée par la saisie d'un code personnel à 4 chiffres. Résultat, les fraudes à la cartes bancaires ont été réduites ou jugulées.

En revanche, aux Etats-Unis, cette fraude a explosé, notamment via les contrefaçons de carte (aisée à pirater avec une piste magnétique).

Entre 2013 et 2015, des scandales à répétition, liés au piratage de millions de données clients et de numéros de carte sur les terminaux de paiement, ont défrayé la chronique. A elle seule, la chaîne de distribution Target Corporation a été victime d'un vol de 110 millions de coordonnées personnelles de ses clients, récoltées en piratant les lecteurs de carte à piste dans les magasins.

En obligeant leurs commerçants à s'équiper de terminaux de paiement capables de lire une carte à puce, les Etats-Unis pourraient provoquer l'accélération d'une nouvelle révolution technologique: celle du paiement mobile avec un smartphone.

Quitte à changer, les commerces américains se dotent de terminaux monétiques de dernière génération, capables aussi d'accepter la technologie sans contact que promeuvent massivement Apple, Google et Samsung sur leur smartphone.

En retard d'une guerre, l'oncle Sam saura-t-il reprendre le leadership technologique sur le paiement électronique dématérialisé ?

Frédéric Bergé