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Le Royaume-Uni devrait passer de 4 à 3 opérateurs mobiles

Le propriétaire de Three UK, le conglomérat Hutchison Whampoa, lorgne  O2, qui revendique plus de 23 millions de clients, et qui possède aussi également, Tesco Mobile, opérateur mobile virtuel outre-Manche.

Le propriétaire de Three UK, le conglomérat Hutchison Whampoa, lorgne O2, qui revendique plus de 23 millions de clients, et qui possède aussi également, Tesco Mobile, opérateur mobile virtuel outre-Manche. - AFP Justin Tallis

Le conglomérat Hutchison Whampoa, déjà propriétaire de Three UK, discute avec Telefonica en vue du rachat de l'opérateur O2. Outre-Manche, le marché du téléphone mobile se réduirait ainsi de 4 à 3 acteurs, comme en Allemagne.

Souvent vanté comme un marché hyper-concurrentiel en téléphonie mobile avec, autrefois, 5 opérateurs, le Royaume-Uni voit s'accélérer la consolidation dans les télécommunications.

Hutchison Whampoa est en entré en négociations exclusives avec l'espagnol Telefónica en vue du rachat de l'opérateur britannique O2 pour un minimum de 9,25 milliards de livres (12,1 milliards d'euros).

Le conglomérat, originaire de Hong-Kong, déjà propriétaire de l'opérateur mobile Three UK, pourrait ainsi créer, le premier acteur de ce marché au Royaume-Uni.

O2 dispose de plus de 23 millions de clients à travers le Royaume-Uni ainsi que des réseaux wifi, ce qui, ajouté à ceux Three UK, aboutirait à un opérateur doté de 31 millions de clients mobiles.

En tout état de cause, ce rapprochement devra être validé au niveau de Bruxelles, en raison du poids et de l'envergure européenne des deux parties concernées : Hutchison Whampoa (qui possède des opérateurs en Irlande et en Italie, notamment) et Telefonica.

Bruxelles a validé la réduction du nombre d'opérateurs Outre-Rhin

Quelques semaines plus tôt, l'opérateur historique BT avait révélé négocier avec Orange et Deutsche Telekom, en vue du rachat de leur filiale EE, détenue à 50/50 par les deux opérateurs européens. 

A l'issue de ces deux vastes opérations de rapprochement, qui devront être validées par les autorités de la concurrence anglaises et européennes, le Royaume-Uni compterait donc trois opérations nationaux: BT, Vodafone et Three UK/O2.

Ce mouvement de consolidation entre les opérateurs mobiles a déjà eu plusieurs précédents en Europe. Hutchison avait déjà absorbé en 2014 la filiale irlandaise de Telefonica, pour 850 millions d'euros, afin de fusionner ses activités avec celles de Three Ireland.

La Commission de Bruxelles a aussi validé, en juillet 2014, le rachat, en Allemagne, du quatrième opérateur, EPlus, par son rival O2 (propriété de Telefonica).

La hausse des prix, crainte des régulateurs de la concurrence

Cette autorisation a été assortie de conditions drastiques destinées à préserver la concurrence outre-Rhin. Elle a aussi été interprétée, par beaucoup d'observateurs, comme un feu vert de Bruxelles, à la réduction du nombre d'opérateurs mobiles, de quatre à trois. Un pays voisin, l'Autriche, avait aussi été en son temps, pionnier en la matière, avec trois opérateurs actifs depuis début 2013, à la suite d'une cession d'une filiale local d'Orange.

D'autres pays majeurs en Europe, toutefois, en sont restés à quatre opérateurs mobiles, comme l'Italie, l'Espagne et...la France, pourtant agitée de rumeurs récurrentes de fusion centre certains de ces acteurs du mobile.

Face à ce mouvement croissant de concentration, la crainte principale des régulateurs nationaux et européens en charge de la concurrence, est d'assister à une remontée des prix des forfaits mobiles.

Dans le seul pays d'Europe ayant suffisamment de recul en la matière, l'Autriche, la hausse des prix dans les services mobiles n'a, toutefois, rien d'évident. "S’il nous paraît difficilement envisageable qu’une consolidation conduise à une hausse systématique des tarifs, elle devrait néanmoins réduire l’intensité concurrentielle, les promotions plus ou moins récurrentes et les dépenses marketing" faisait remarquer un commentaire de Natixis, à propos de la situation de l'Autriche, dans une analyse récente sur la fusion SFR-Numericable.

Frédéric Bergé