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Le PMU demande justice à Google

Un partenariat commercial existe avec L'Équipe au terme duquel les applis du groupe média sportif feront la promotion des sites de paris sportifs du PMU.

Un partenariat commercial existe avec L'Équipe au terme duquel les applis du groupe média sportif feront la promotion des sites de paris sportifs du PMU. - Loïc Venance-AFP

"La société conteste à Google le droit de lui interdire la publicité pour ses paris sportifs en ligne sur l'appli mobile Android de L'Équipe. Le PMU a intenté un référé alors que l'Euro bat son plein et dope les mises sur les matchs. "

Le PMU s'estime lésé par Google en pleine période faste pour les paris sportifs en ligne, dopés par les matchs de l'Euro. Quelques jours avant le début de la compétition, la société française, révèle Le Figaro, s'est vu notifier par le géant du web américain l'obligation de retirer ses publicités pour les paris sportifs, présentes sur l'application mobile Android de L'Équipe. Pour le géant du web, il s'agirait d'interdire, sur sa boutique d'applications Google Play, toute application permettant de jouer directement en ligne ou tous liens commerciaux, comme dans le cas PMU, faisant la promotion de jeux d'argent et de hasard (casino, paris).

Soucieuse d'éviter que cette situation de blocage ne perdure alors que l'Euro représente le temps fort de l'année pour les mises effectuées sur les matchs, la société française conteste en référé, nous a confirmé le PMU. La décision de justice devrait être rendue jeudi 16 juin 2016.

"Le PMU est annonceur depuis plusieurs années sur l'application de L'Équipe. Or, les paris sportifs en ligne sont légaux en France depuis 2010 comme l'est la publicité qui en fait la promotion" fait-on remarquer au siège de l'entreprise française.

Google abuserait-il de sa position dominante?

Celle-ci considère sur le fond que le géant américain abuse de sa position dominante. "En agissant de la sorte, Google incite indirectement à procéder à l'achat de mots-clés en ligne pour alimenter son activité de régie publicitaire en ligne, liée à son moteur de recherche" explique-t-on au PMU.

Ce reproche fait indirectement écho aux griefs officiellement émis en avril 2016 par Margrethe Vestager, commissaire chargée de la politique de concurrence, à l'encontre du poids représenté sur le marché par Google et Android, son système d'exploitation pour smartphones et tablettes.

"Au stade actuel de notre enquête, nous pensons que par son comportement Google prive les consommateurs d’un choix plus large d'applications et de services mobiles et que l'entreprise freine l’innovation émanant des autres acteurs, en violation des règles de concurrence de l’UE" avait-elle estimé. Le juge des référés chargé de statuer sur le cas du PMU, suivra-t-il la Commission européenne sur ce terrain?

Frédéric Bergé