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Le fonds French Tech Souveraineté doit protéger des entreprises françaises "trop attractives"

Sur BFM Business, Nicolas Dufourq, directeur général de Bpifrance, explique les objectifs de ce nouveau fonds annoncé par le gouvernement.

"La tech française est extrêmement attractive, essentiellement pour les grands groupes américains. Il faut avoir conscience en particulier que dans des mondes comme la medtech ou la biotech, le pourcentage d'entreprises qui à la fin sont rachetées par des grands groupes américains est considérable", de l'ordre de "80%", explique ce lundi sur BFM Business Nicolas Dufourq, directeur général de Bpifrance.

C'est l'une des raisons qui a poussé le gouvernement à lancer le fonds "French Tech Souveraineté" afin de protéger des entreprises technologiques françaises développant des technologies d’avenir à caractère souverain qui pourraient dès les prochains mois être la proie de grands acteurs étrangers ou être dépassées par des concurrents parvenant à mieux se financer. Ce fonds pourra se hisser à 500 millions d'euros et sera piloté par Bpifrance.

Des fonds d'investissement américains "très malins"

"On a face à nous des groupes américains, qui sont essentiellement des fonds d'investissements, qui sont très malins et qui voient exactement quelles sont les belles pépites françaises. (...) Pour les belles entreprises digitales françaises, les tickets qu'il va falloir mettre dans les prochains tours sont des tickets de 100 millions, 150 millions. Et par conséquent, il faut un peu équiper le pays pour faire ce genre d'opérations", poursuit le responsable.

"Beaucoup de choses ont été faites. (...) Là on rajoute un instrument de plus qui est un instrument (...) qui pourra venir en concours, en complément dans des très grosses levées sur des entreprises qui ne sont plus du tout des start-up, c'est des ETI (entreprises de taille intermédiaire, NDLR) technologiques, qui sont presque trop attractives pour les grands groupes étrangers". 

L'objectif de ce fonds souverain doit ainsi permettre à la France de participer à ces levées, "suffisamment pour que la place de Paris garde une emprise en capital dans ces entreprises significatives", souligne Nicolas Dufourq.

Olivier Chicheportiche