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La voiture volante va-t-elle vraiment remplacer nos autos?

Ce véhicule créé par Aeromobil, une société slovaque, permet de se faufiler sur la route et de s'envoler comme un avion.

Ce véhicule créé par Aeromobil, une société slovaque, permet de se faufiler sur la route et de s'envoler comme un avion. - Aeromobil

Les voitures volantes ne sont plus un rêve. Deux constructeurs européens les commercialisent déjà et les livreront en 2020. Mais pour prendre les commandes de ces engins, il faudra se plier au code de la route ainsi qu'à la législation de l'aviation civile.

Le public s’habitue peu à peu à l’arrivée des voitures sans chauffeur, mais ce n’est pas la plus impressionnante révolution de la mobilité à laquelle le public va devoir s’accoutumer. La voiture volante, comme celle que pilotait Fantomas pour fuir, a été l’un des rêves les plus fous des hommes du XXe siècle. Ce rêve est enfin devenu réalité.

Il y a quelques jours, lors du salon Top Marques qui s’est tenu à Monaco, deux entreprises ont lancé la commercialisation de véhicules qui peuvent aussi bien prendre la route que les airs. Le slovaque Aeromobil et le néerlandais Pal-V ont l’un et l’autre présenté des modèles que le public peut d’ores et déjà commander. Elles promettent de livrer dès 2020, lorsque "le processus d'homologation sera achevé", a précisé Stefan Vadocz , directeur de la communication d’Aeromobil. La version slovaque est un engin hybride (essence/électrique) qui coûte entre 1 et 1,5 million d’euros. Son autonomie de vol est de 750 km pour une vitesse de pointe de 260 km/h en vol.

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- © Aeromobile

La néerlandaise (ci-dessous) est déjà en cours d’homologation et sera commercialisée dès l’an prochain, a assuré Robert Dingemanse, PDG de Pal-V lors du lancement monégasque. Elle coûtera entre 300.000 à 500.000 euros, fonctionne à l’essence, va moins vite (160 km/h), mais peut effectuer des vols "sans escale" de 1315 km à 3500 mètres d’altitude.

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- © Pal-V

Par comparaison, on trouve des avions neufs de loisirs à partir de 200.000 euros, mais il faut aussi compter des frais pour louer un hangar dans un aéroclub. L’avantage de la voiture volante, ou plutôt sa promesse est de pouvoir la rentrer dans le garage de sa maison.

Le cofondateur de Google, investit dans la voiture volante

Mais attention de ne pas attendre trop de ces engins. Si les urbains espèrent s’envoler pour fuir les bouchons, ces appareils ne sont pas conçus pour. Ils permettent de prendre la route pour se rendre sur un aérodrome afin de se transformer en aéronef et s’envoler vers leur destination. D’ailleurs, comme le précisent leurs constructeurs, les pilotes devront posséder le permis A ainsi qu'une licence de pilotage pour prendre le manche.

Reste aussi à réserver une piste d’atterrissage dans un aérodrome, avoir les autorisations pour décoller et atterrir et veiller à ce que les pistes soient adaptées. Le Pal-V a besoin d'au moins 330 mètres pour décoller et, pour l'Aeromobil, 400 à 500 mètres sont nécessaires. Il n’est donc pas question de décoller d'un coup de tête depuis la Nationale 7 pour fuir les bouchons un jour de grand départ.

Pour contourner ces contraintes, Kitty Hawk, une start-up américaine financée par Larry Page, cofondateur de Google, a peut-être une solution. Elle vient tout juste de dévoiler la Flyer qui ambitionne de devenir un jour aussi populaire que la Ford T, la Coccinelle ou la 2CV l’ont été au XXe siècle dans l’automobile. Elle est annoncée à 2.000 dollars, décolle presque verticalement et, surtout, de par sa motorisation, ne nécessite aucune licence aux États-Unis.

Des taxis pour voler d'un point à un autre

Larry Page n'est pas le seul aux États-Unis à avoir des ambitions dans les engins volants. Uber aussi est sur les rangs. Le groupe de Travis Kalanick vient tout juste d'annoncer qu'il compte tester des taxis volants d'ici 2020. Le groupe, qui a recruté en début d'année un expert de la Nasa, veut créer une flotte de voitures volantes (VTOL) capables de décoller verticalement depuis les toits des gratte-ciel. Mais surtout, ces véhicules se déplaceront sans chauffeur. Le but est d'être prêt à lancer ce service dès 2020 à Dubaï où il affrontera l'EHang 184, le taxi-volant autonome chinois dont les essais ont d'ores et déjà démarré.

Un autre projet de taxi volant à décollage vertical est en cours à Berlin. Lilium, c'est son nom, est soutenu financièrement par le Suédois Niklas Zennström, le milliardaire qui a cofondé Skype. Le but de ce projet est, comme Uber, d'inventer les taxis du futur sur de courtes distances à partir des aéroports internationaux vers les centres-villes. Il vise l'Europe, mais aussi les États-Unis où elle promet de réduire le trajet entre l'aéroport JFK de New York et Manhattan de 55 minutes à 5 minutes pour une trentaine de dollars.

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- © Lilium

La France n'est pas en reste. Les Parisiens découvriront eux aussi des taxis volants dès l'été prochain. Seule différence, ce ne sont pas des voitures, mais des bateaux que les clients pourront prendre sur la Seine. Il ne s'agira pour l'instant que de tests, mais les concepteurs du projet Sea Bubble comptent être opérationnels dès 2018 pour étendre ce service en Europe.

La réglementation européenne va-t-elle pouvoir s'adapter au rythme de l'innovation pour permettre à ces projets d'être opérationnels dans les meilleurs délais? Ce n'est déjà plus seulement un enjeu de mobilité destiné à optimiser le transport, mais une bataille industrielle mondiale.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco