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La voiture autonome n'est plus une histoire d'automobile

Nissan a testé son monospace semi-autonome Serena à l’été 2016.

Nissan a testé son monospace semi-autonome Serena à l’été 2016. - AFP-Toru Yamanaka

La disparition du chauffeur tend à faire exploser l’agencement actuel des véhicules et élargira considérablement le champ des activités possibles lors d’un déplacement. De quoi impacter nos rythmes de vie et notre conception même de la mobilité.

La voiture autonome est au cœur des préoccupations des professionnels au Mondial de l’automobile, qui se tient jusqu’au 16 octobre à Paris. Et pour cause, cet engin a de quoi modifier en profondeur notre conception de la mobilité dans les années à venir.

Ne plus être obligé de se concentrer en permanence sur la conduite élargit considérablement le champ des activités possibles lors d’un déplacement. Le gain de temps potentiel est considérable, avec une conséquence sociale : la fusion de plus en plus accentuée des vies professionnelles et personnelles. "L’arrivée des voitures autonomes va accentuer le fait de travailler partout, tout le temps, et de ne pas résumer le temps de travail au temps passé au bureau", considère François Bellanger, fondateur de la société de prospective Transit Consulting. Le télétravail, grâce à la révolution de communication qu’est Internet, a permis à de nombreux professionnels de s’affranchir des contraintes de transport et d’horaires de travail.

Repnser l'aménagement intérieur de la voiture

Mais la voiture autonome a de quoi faire encore grandement évoluer la façon dont chaque individu organise son temps, professionnel comme personnel. "La voiture autonome relève plus de la révolution sociologique que seulement technique", estime François Bellanger, également auteur du blog Transit City . La conception du temps passé en voiture va évoluer. La voiture étant électrique et autonome, la disposition des sièges, du tableau de bord, des espaces de stockage a de quoi largement être repensé. Les sièges pourront par exemple pivoter à 360°, la configuration actuelle d’un véhicule n’ayant plus forcément de sens. De nouveaux aménagements seront imaginés, adaptés aux nouveaux usages.

"Dans 15 ans, la voiture autonome sera une réalité dans nos rues. Les gens auront compris que la voiture autonome n’est pas une voiture telle qu’ils la conçoivent aujourd’hui", prévoit François Bellanger. Dès lors, une voiture ne sera plus seulement un moyen de se déplacer, mais aussi un espace de vie à part entière où l’on pourra faire autre chose tout en se déplaçant : des commerciaux pourront par exemple tenir une réunion de travail, un professeur corriger des copies, un soignant faire le compte rendu écrit de ses visites, une famille partager un repas, etc.

De la voiture autonome à l'espace de vie mobile

"Avec la voiture autonome, les activités envisageables se rapprochent plus de celles actuellement possibles lors d’un voyage en train, mais la grande différence sera la flexibilité et la possibilité de décider d’un trajet porte à porte personnalisé", décrit François Bellanger. Résultat, si la voiture est encore aujourd’hui perçue comme un simple moyen de se déplacer, la voiture autonome pourrait bien en faire un authentique lieu de vie.

Un lieu de vie dont prendront différemment possession les individus en fonction de leurs professions, de leurs besoins, de leurs cultures. D’un point de vue culturel, les jeunes chinois et japonais sont actuellement considérés comme étant ceux qui seront le plus rapidement prêt à utiliser une voiture autonome. Nissan commercialise d’ailleurs une version de son monospace Serena capable de conduite semi-autonome depuis la fin de l’été dans l’archipel nippon.

Adeline Raynal