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La vente d'Oculus à Facebook ne fait pas que des heureux

Les premiers investisseurs à croire au masque Oculus étaient passés par le crowdfunding.

Les premiers investisseurs à croire au masque Oculus étaient passés par le crowdfunding. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

La start-up rachetée pour deux milliards de dollars par Facebook, mercredi 26 mars, avait d'abord effectué une première levée sur Kickstarter, un site de crowdfunding. Les internautes qui avaient investi dans Oculus se sentent lésés.

Retour sur le méga-deal signé mercredi 26 mars par Facebook: deux milliards de dollars pour racheter Oculus VR, qui fabrique des masques de réalité virtuelle pour le jeu vidéo.

Une start-up qui s'est fait connaître en levant 2,5 millions de dollars sur Kickstarter, l'une des plus grosses success stories de l'histoire du crowdfunding. Sauf que les premiers investisseurs se sentent lésés, trahis. Et ils le font savoir.

En témoigne ce commentaire de l'un des 10.000 internautes qui ont placé de l'argent dans Oculus: "ne nous prenez pas pour des imbéciles, vous avez perdu votre âme".

Les deux milliards de dollars de la vente à Facebook, ces investisseurs virtuels n'en verront pas un cent. Or ce sont eux qui, les premiers, ont senti le potentiel de ce masque de réalité virtuelle lorsqu'il n'était qu'un projet fou sorti de la tête d'un créateur de 19 ans.

Leçon de réalité

Une dure leçon de réalité : "financement participatif" ne signifie pas retour sur investissement. Sur Kickstarter, l'internaute qui donne quelques dollars n'est pas un investisseur qui récupère une partie du capital de l'entreprise, mais un simple "backer".

La nuance est importante : en échange de son argent, il va simplement recevoir des cadeaux. Ainsi, pour 300 dollars, un masque Oculus leur est expédié en avant-première, ou, pour des sommes moins importantes, un simple t-shirt.

Pas étonnant que certains crient à l'injustice et réclament leur part du gâteau. Alors que Mark Zuckerberg signe un chèque à neuf zéros, beaucoup devront se contenter d'un poster et d'un mail de remerciement.

Anthony Morel