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La dernière idée de Facebook qui agace Apple et Google

Après avoir créé ou acheté en 10 ans chaque élément de son empire, Mark Zuckerberg veut l'organiser autour d'un navigateur, et pourquoi pas d'un OS.

Après avoir créé ou acheté en 10 ans chaque élément de son empire, Mark Zuckerberg veut l'organiser autour d'un navigateur, et pourquoi pas d'un OS. - Josh Edelson - AFP

Facebook est un géant, mais un géant dont la croissance est loin d'être terminée. En lançant son propre navigateur, le réseau social veut créer un écosystème qui, avec plus de 2 milliards de clients, lui donnerait des ailes par rapport aux deux autres géants du Net.

Facebook est le roi des réseaux sociaux, mais combien de temps va-t-il se contenter de ce royaume alors que tant de territoires numériques restent à conquérir? A priori pas longtemps. Depuis quelques heures, l’annonce d’un navigateur mobile remue la toile.

Le groupe californien a déjà assis sa croissance sur l'acquisition de plusieurs applications: Messenger, la messagerie classique directement associée au plus grand réseau social du monde, WhatsApp, le système d’échange instantané qui comptera bientôt 1 milliard d'utilisateurs, Instagram qui permet à plus de 400 millions d'adeptes de partager images et vidéos. Et ce n’est qu’un début pour cette société qui en à peine plus de dix ans a vu sa valorisation propulsée à un niveau record: 300 milliards de dollars.

Prochaine étape pour Mark Zuckerberg: organiser un peu mieux ces différents services grâce à un navigateur comparable à ceux d’Apple (Safari), Google (Chrome), Microsoft (Edge, ex-Explorer) ou Firefox. Mais ce nouvel outil, actuellement en test, ne va pas seulement permettre de surfer de site en site. Son rôle sera de circuler dans l’écosystème de Facebook sans jamais avoir besoin d'en sortir, sauf véritable nécessité. Ce "hub" sera d’abord déployé sur l’iOS d’Apple avant de se lancer sur Android.

Faire fructifier la galaxie Facebook

Actuellement, selon Mark Zuckerberg, un utilisateur moyen passe 46 minutes par jour sur le réseau social. Ce chiffre n’inclut pas le temps passé sur WhatsApp ou Instagram. Ajoutons enfin le milliard d’utilisateurs de Messenger.

En créant un navigateur, Facebook pourra agréger ces chiffres pour accroître le temps passé sur son territoire et vendre aux annonceurs cette nouvelle clientèle captive dont l’effectif pourrait dépasser les deux milliards de personnes.

Ce chiffre est de loin, très supérieur au nombre d’utilisateurs d’iPhone et dépasse aussi le nombre de détenteurs de smartphones sous Android, qui sont évalué à 1,4 milliard. De quoi donner à Facebook une puissance de feu telle qu'elle pourrait déstabiliser les actuels géants du secteur, Apple et Google.

L’offensive de Facebook pourrait aller encore plus loin si le groupe décide de réaliser son rêve: créer son propre OS (système d’exploitation). En 2013, Mark Zuckerberg en a eu l’intention avec Facebook Home qui est comme le pendant de ce qu’ont pu faire Firefox ou Amazon en s’appuyant sur un Android personnalisé. L'essai, qui a peut-être été tenté trop tôt, n'a jamais été transformé et le projet a été abandonné.

Après l’annonce du navigateur, le buzz sur l’OS va-t-il reprendre? C’est sans doute la prochaine étape du groupe qui depuis 2013 préfère ne rien dire sur le sujet. Et pour cause, ce lancement, s’il se confirme, serait considéré comme une déclaration de guerre à Apple et Google.

Pascal Samama