BFM Business

"Il faudra s'en souvenir": Cédric O règle ses comptes avec Apple

Invité sur BFM Business, le secrétaire d'Etat chargé du Numérique Cédric O s'est montré sévère contre le géant américain qui, selon lui, n'a pas souhaité aider le gouvernement sur le développement de l'application StopCovid.

L'affaire passe visiblement mal pour le gouvernement. Alors que son application StopCovid, censée lutter contre l'épidémie, a enfin un calendrier de déploiement, le secrétaire d'Etat chargé du Numérique Cédric O est revenu sur BFM Business ce mardi sur les relations tendues du gouvernement avec Google et Apple.

Cette application "n'est pas une coquetterie technologique" a-t-il expliqué. "Il faut du temps pour le développer et c'est pour cela que nous ne serons prêts que le 2 juin." Un délai qui s'explique donc par le manque de soutien des développeurs américains.

"Nous avons des discussions. Il y a effectivement la solution proposée par Apple et Google, qui pose selon nous un certain nombre de problèmes en termes de protection de la vie privée et en termes d'interconnexion avec le système de santé et de maîtrise du système de santé" poursuit Cédric O. "C'est pour cela – pas parce qu'Apple et Google sont de grands méchants loups – pour ces problèmes, que nous avons refusé d'en passer par leur solution."

"Apple aurait pu nous aider"

"Nous considérons que la maîtrise du système de santé, la lutte contre le coronavirus, c'est l'affaire des Etats, c'est l'affaire de la puissance publique (…) et pas forcément celle des grandes entreprises américaines" insiste le secrétaire d'Etat chargé du Numérique.

Et de s'attarder plus férocement sur Apple :

"Nous aurons une solution qui fonctionne sur tous les téléphones" assure Cédric O. "Apple aurait pu nous aider à faire en sorte que cela marche encore mieux sur les iPhone. Ils n'ont pas souhaité le faire, pour une raison d'ailleurs que je ne m'explique guère. Je pense que c'est regrettable que dans un moment (…) où chacun est mobilisé pour lutter contre l'épidémie, qu'une grande entreprise qui, quelque part, ne s'est jamais aussi bien portée en terme économique, n'aide pas un gouvernement à lutter contre la crise. Il faudra s'en souvenir le moment venu."
Thomas Leroy