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Heetch, l'autre UberPop qui refuse de s'arrêter

Heetch a déposé un recours en juillet 2015 contre son interdiction. Certains de ses chauffeurs ont été placés en garde à vue en région parisienne, et deux véhicules ont été saisis.

Heetch a déposé un recours en juillet 2015 contre son interdiction. Certains de ses chauffeurs ont été placés en garde à vue en région parisienne, et deux véhicules ont été saisis. - Bertrand Guay-AFP

Contestant son interdiction, Heetch, le service de transport de personnes assurés par des particuliers, poursuit son activité. Il a été assigné en référé pour concurrence déloyale par un chauffeur de VTC.

L'application mobile de transport entre particuliers Heetch continue de faire de la résistance. Visé depuis le 25 juin 2015, par un arrêté d'interdiction de la préfecture de police de Paris aux côtés d'UberPop et de Djump, l'éditeur de cette application a été assigné en référé par un chauffeur de VTC, pour concurrence déloyale.

Ce chauffeur de VTC, Ludovic Moulonguet, dont la compagnie n'a toutefois pas été précisée, demande la cessation immédiate de l'application Heetch, et une astreinte de 50.000 euros par jour de retard, a détaillé son avocate, Me Inès Plantureux, qui a précisé avoir déposé ce recours ce lundi 14 septembre devant le tribunal de commerce de Paris.

Elle dénonce la "concurrence déloyale" de cette application mobile qui "ne respecte aucune des obligations imposées aux VTC", et souligne que "Heetch se présente comme du co-voiturage, de la camaraderie, si ce n'est du bénévolat, mais ça n'est pas du tout ça", évoquant "une société qui fait du business", avec "trois augmentations de capital successives".

Heetch a vu son activité chuter depuis juillet 2015

Mais, à la diffrénce d'UberPOP et Djump, qui ont respectivement suspendu et fermé leur service, Heetch a déposé un recours gracieux en juillet 2015.

"Contrairement à UberPop, les rentrées financières des conducteurs sont limitées afin qu’ils ne puissent pas tirer profit de cette activité mais juste rembourser leurs frais. Les conducteurs Heetch amortissent seulement le coût annuel de leur voiture, au-delà, leur compte est bloqué" affirmait, au cours de l'été, Teddy Pellerin cofondateur de l'application mobile, pour contester l'interdiction de son service. 

Heetch, qui compterait 5.000 chauffeurs occasionnels et 250.000 utilisateurs inscrits, revendiquait 39.000 trajets hebdomadaires en région parisienne, et un millier à Lyon, avant la décision du Préfet de police de Paris.

Mais, l'épée de Damoclès juridique qui pèse sur son activité a lourdement ralenti ce rythme, qui serait tombé à 25.000 trajets depuis la fin d'août. Une centaine de ses chauffeurs ont été placés en garde à vue en région parisienne, et deux véhicules auraient été saisis.

F. B avec AFP