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Facebook doit-il payer 19 milliards de dollars pour WhatsApp?

Le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, veut s'approprier le jeune public de WhatsApp.

Le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, veut s'approprier le jeune public de WhatsApp. - -

Le réseau social a annoncé être prêt à débourser une somme astronomique pour racheter une start-up de 55 personnes. Mais Facebook pouvait-il laisser passer une application qui compte 450 millions d'utilisateurs ?

C'est le deal de l'année dans le secteur de la high tech. Facebook met 19 milliards de dollars sur la table pour se payer l'application de messagerie instantanée WhatsApp, a annoncé le réseau social dans la nuit du mercredi 19 au jeudi 20 février.

Pourquoi Facebook fait-il un aussi gros chèque? Mark Zuckerberg a-t-il pété les plombs ? Et dire qu'on s'extasiait, qu'on s'inquiétait d'un retour de la bulle quand Facebook a racheté Instagram et ses 13 salariés pour un milliard de dollars.

Ici, les ratios sont encore plus vertigineux: 19 milliards, la valeur de groupes comme Carrefour ou Nintendo, pour une PME de 55 personnes. Comme à chaque fois, ce qui compte, ce qui est valorisé, c'est la base d'utilisateurs.

Plus d'un million de nouveaux comptes WhatsApp par jour

Et de côté-là, c'est vrai que WhatsApp est un champion: 450 millions d'inscrits, plus d'un million de nouveaux comptes par jour. Et un niveau d'engagement phénoménal, puisque 70% des utilisateurs utilisent WhatsApp chaque jour: c'est inédit dans le secteur.

WhatsApp a fait avec le SMS ce que Skype a fait avec les appels: un service alternatif, moins coûteux, qui court-circuite les opérateurs. Aujourd'hui, le volume de message envoyé via WhatsApp est équivalent au volume de SMS envoyés chaque jour dans le monde entier, tous opérateurs confondus.

Et puis surtout, c'est une tactique défensive de la part de Facebook, presque un aveu d'échec, alors que le réseau social commence à lasser certains jeunes utilisateurs, une cible particulièrement friande de Whatsapp. Pas question pour Facebook de laisser vivre un concurrent qui pourrait bien un jour lui faire de l'ombre.

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Anthony Morel