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Facebook a encore payé des impôts minimes au Royaume-Uni

Facebook avait suscité l'indignation lorsqu'il était apparu que la société n'avait payé que 4.327 livres d'impôts sur les sociétés au fisc britannique, en 2014.

Facebook avait suscité l'indignation lorsqu'il était apparu que la société n'avait payé que 4.327 livres d'impôts sur les sociétés au fisc britannique, en 2014. - Tobias Schwarz-AFP

Facebook a versé 4,6 millions d'euros au fisc britannique en 2015, seulement 2% de ses 234 millions d'euros de rentrées financières outre-Manche. Loin d'être suffisant pour oublier que la société n'avait payé que 4.800 euros d'impôts en 2014.

Facebook se targue, une fois n'est pas coutume, d'avoir payé 4,17 millions de livres (4,63 millions d'euros) d'impôts sur les sociétés en 2015 au Royaume-Uni. "Nous sommes fiers d'avoir continué à faire croître notre activité au Royaume-Uni en 2015 et d'avoir créé plus de 300 emplois hautement qualifiés", s'est félicité un porte-parole du premier réseau social mondial. "Nous payons tous les impôts prévus par la loi britannique", a-t-il ajouté.

Cette communication aurait de quoi surprendre si elle ne provenait pas d'une société réputée, comme ses rivaux américains de l'Internet, pour pratiquer l'optimisation fiscale en Europe, en y réduisant ses impôts au minimum.

Certes, ses impôts acquittés outre-Manche en 2015 ont été multipliés par 1.000 mais ils représentent moins de 2% des 211 millions de livres de rentrées financières que la compagnie américaine a déclaré avoir eu au Royaume-Uni la même année, selon les documents comptables publiés sur le site internet du registre britannique des sociétés.

En exhibant sa facture fiscale outre-Manche, Facebook vise surtout à tempérer l'indignation qu'avaient suscité ses 4.327 livres d'impôts sur les sociétés payées en 2014, soit moins que le montant moyen d'impôts et de cotisations sociales payé par un simple travailleur britannique célibataire.

Pour corriger la mauvaise impression laissée par cette révélation, le premier réseau social mondial, dont les recettes publicitaires explosent grâce aux mobiles, avait annoncé en mars 2016 que les recettes publicitaires tirées de ses grands clients britanniques seraient désormais déclarées au Royaume-Uni et plus en Irlande, où il a son siège européen. Le taux de l'impôt sur les sociétés en Irlande (12,5%) est parmi les plus faibles de l'UE, et inférieur à celui pratiqué au Royaume-Uni (20%).

Facebook n'est pas la première multinationale de l'internet à avoir tenté de corriger le tir vis-à-vis du fisc britannique. Google s'est engagé, en mars 2016, à verser au Trésor britannique 130 millions de livres d'arriérés d'impôts pour la période de 2005 à 2015.

De l'avis de nombreux spécialistes, cet apurement de sa dette fiscale avait été, cependant, considéré comme particulièrement avantageux pour le géant du web, au détriment du contribuable britannique.

Frédéric Bergé avec AFP